Christophe Brunet : « Une expérience incroyable »

De l'équipe qui décrocha en fin d'année 1995 la victoire en Coupe d'Europe des clubs, Christophe Brunet garde d'excellents souvenirs de ses années PSG Judo, parfait tremplin vers sa carrière d'entraîneur national.

« Je suis resté au PSG Judo une bonne partie de ma carrière. J’avais déjà décroché un premier titre national pour l’US Orléans, un grand club, mais dont la politique de gestion du groupe haut niveau ne me convenait plus à ce moment-là. On était tombé dans le copinage, ça manquait d’une orientation claire et saine. Ce n’était plus le sérieux que je souhaitais. Pourtant, il m’avait fait un contrat intéressant pour m’occuper des sponsors mais, sur le plan sportif, je n’étais plus satisfait.
J’avais donc le choix entre l’AC Boulogne-Billancourt et le Paris Saint-Germain, et j’étais allé vers Paris car Guy Delvingt y était comme entraîneur… Quand je suis arrivé, il était parti à l’ACBB ! Mais en fait, ce fut une expérience incroyable. On avait tous des tempéraments et des objectifs différents, mais une compréhension commune de ce que nous faisions là. Pour moi, je le répète, ce n’était pas un problème d’argent puisque je perdais même quelques milliers de francs dans le transfert. C’était quand même bien d’avoir une fiche de paie, moi qui jusque-là n’avait été rémunéré qu’en frais de déplacement et sans cotiser pour la retraite.

L’image que nous avions, c’était un peu celle de mercenaires, mais j’ai vraiment trouvé à Paris ce que je ne trouvais plus à Orléans. Nous nous sentions comme des pros et nous étions tous concentrés sur la réussite sportive, notamment la quête de la Coupe d’Europe, qui était un enjeu essentiel à l’époque. C’était passionnant aussi d’avoir les étrangers avec nous, des hommes comme l’Anglais Randall ou le Canadien Nicolas Gill, un gars exceptionnel, très gentil et en même temps d’une formidable assurance. Chez eux, ces gars-là étaient seuls et ils géraient leur carrière. Ils nous ont apporté de la maturité. Je me souviens comment, en revenant de la victoire lors de la Coupe d’Europe 1995, nous avons laissé Nicolas Gill à l’aéroport. Il repartait tout seul s’entraîner pour très longtemps au Japon ! Cet état d’esprit nous a aidé à prendre les choses de la bonne façon entre nous. Ces étrangers, on les a tous accueillis comme des potes, alors qu’on aurait pu les voir comme des adversaires. C’est aussi ce qu’il s’est passé pour moi avec Nasser Nechar, qui était un concurrent direct dans ma catégorie des -65kg. Nous n’étions pas vraiment proches, mais nous avons toujours eu une relation pleine de respect mutuel. On s’est rencontré très souvent et nous avons, je crois, toujours apprécié la valeur de l’autre. Sur la Coupe d’Europe que nous avons gagné, nous avons fait un combat chacun. Moi, j’ai combattu contre les Allemands d’Abensberg, et j’ai dû mettre o-uchi-gari (grand fauchage intérieur, NDLR). Aujourd’hui, nous nous retrouvons pour une semaine de vacances… On a gagné ça sur le long terme.

Ce dont je me rappelle aussi du PSG, c’était qu’on pouvait avoir la visite dans les vestiaires d’un Charles Bietry, qui était un peu une star du showbiz à l’époque ! Je l’avais trouvé très brillant dans son speech, avec des mots très bien choisis. Et je me souviens aussi qu’il avait discuté pendant cette compétition avec un certain Marius Vizer, mais pour le football, car ce dernier était agent de joueur. Depuis, il est devenu président de la fédération internationale du judo !

Le PSG de notre génération était vraiment un beau projet, peut-être à l’époque un peu trop ancré dans le haut niveau, ce qui a fini par être une limite. Il aurait fallu mettre un club PSG dans tous les arrondissements de Paris pour former les plus jeunes. En en discutant avec Nicolas Mossion, l’actuel responsable du haut niveau du PSG Judo, je vois que le projet est aujourd’hui, de ce point de vue, beaucoup plus mûr, et c’est une bonne chose. »

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