Philippe Demarche : « Au PSG que j’ai appris l’excellence »

Le « Gitan », son surnom de l’époque, ne fut pas le plus grand palmarès de la belle équipe du PSG, mais il en fut assurément l’un des piliers, par son engagement et son sens du groupe.

« Je suis arrivé au PSG en 1992. Je m’en souviens bien car c’était l’année des Jeux olympiques de Barcelone. J’y suis resté neuf ans. Ce que je dois au PSG ? Être passé de clubs de « bon niveau » à un club de « haut niveau », où j’ai appris tout ce que je sais de l’excellence, et qui m’a amené jusqu’en équipe de France.

C’était la grande équipe du PSG, on faisait peur aux autres, notamment parce que nous étions déjà dans une logique professionnelle avec des fiches de salaire et un contrat de travail. Nous étions fiers de faire partie d’une telle structure, de faire le Noël du groupe comme les autres. Nous avions Guy Delvingt et Jean-Pierre Gibert comme entraîneurs, Thierry Rey comme président, et tout un staff au service de la performance. J’étais avec David Douillet et Djamel Bouras, Nicolas Gill, Nasser Nechar, Bertrand Amoussou, Philippe Taurines…

Ma plus grande fierté restera d’avoir ramené à ce club son premier titre européen par équipes, à Abensberg. Au premier tour, je bats Roger Vachon qui n’avait pas perdu depuis dix ans sur un Français et, en finale, il fallait que je ramène le nul pour que David puisse derrière nous faire gagner. Mais le gars était fort et avait facilement dominé Vincent Carabetta au tour précédent. J’ai pris waza-ari d’entrée – un vrai de l’époque – mais j’avais une grosse condition et je suis revenu aux pénalités.

Tous ces champions m’ont beaucoup appris. De Djamel, je retiens la puissance de travail, la volonté de toujours vouloir faire plus. Ce qui était très impressionnant avec David, c’était son assurance. Il avait une confiance totale, même dans les moments les plus tendus. Moi j’étais plutôt le rassembleur, celui qui faisait le lien entre les générations, qui faisait en sorte que les jeunes qui arrivaient se sentent bien. Je mettais un peu d’animation aussi ! On était tous très chambreurs, ça n’arrêtait pas. On ne prenait rien au sérieux, c’était le délire tout le temps… sauf sur le tapis où il fallait gagner.

Je garde toujours au cœur une vraie fierté d’avoir été, et d’être toujours, si proches de ces gens-là. Rien n’a changé entre nous et rien ne changera jamais. Je me souviens aussi des fondamentaux que nous cultivions. Il y avait une apparente désinvolture, mais aussi une vraie modestie devant la performance à accomplir et toute la rigueur nécessaire pour le faire.

Une fois ma carrière d’athlète terminée, je suis resté au PSG, comme coordinateur de la formation au CFA omnisports. J’ai des jeunes de toute l’Île-de-France qui viennent ici avec un projet sportif. La société actuelle est difficile, mais je trouve parfois que cette génération baisse un peu vite la tête. Je leur dis que le temps qu’ils sont en train de vivre, ou tu peux faire quelque chose que tu aimes, avec des amis, en étant nourri, logé et formé gratuitement, c’est le meilleur de la vie. Que demander de plus ? »

 

Retrouvez les anciens épisodes de « Mon PSG à moi » en cliquant ci-dessous : 

Nicolas Gill : «Une ambiance de folie»

Frédéric Demontfaucon : «Le Paris Saint-Germain m’a permis d’atteindre le haut niveau»