« Après avoir débuté le football au club de Marly-le-Roi et découvert le poste de gardien de but chez les pupilles, j'ai rejoint le club de Poissy à la suite d'un déménagement de mes parents. Là-bas, j'ai pu jouer plusieurs saisons en cadets nationaux. J'ai bien performé au point d'intégrer la sélection de la ligue Paris-Île-de-France, avec laquelle j'ai remporté la Coupe Nationale des Régions, lors d'une finale disputée à Metz et conclue par une victoire aux tirs au but face à la Lorraine. Notre équipe était composée de nombreux joueurs du Paris Saint-Germain, mon club de rêve ! Je n'avais qu'une envie : les retrouver. À la suite de ce succès, une vingtaine de clubs professionnels a contacté mes parents mais nous avons donné un accord oral au représentant de Paris, monsieur Marc Collat. Le RC Lens m'a proposé une offre financière pour me recruter, mais nous n'avons pas donné suite. Le Racing CF a aussi poussé fort mais en vain. Étant voisin d'un certain Dominique Baratelli, que j'allais souvent encourager au Parc des Princes, mon choix était fait depuis bien longtemps ! »
« J'ai signé un contrat aspirant au PSG à l'été 87, en optant pour un statut externe, je pouvais ainsi rentrer dormir chez mes parents chaque soir. Dès mon arrivée, j'ai intégré le groupe d'entraînement de l'équipe réserve qui évoluait en D3 avec des joueurs comme Reynaud, Sandjak, Vandecasteele, Persol, Simba... Certains avaient cinq ans de plus que moi ! Le coach Erick Mombaerts a facilité mes débuts, il a été d'une grande aide lors de mon apprentissage. J'en profite pour le remercier très sincèrement. En rejoignant Paris, je suis passé dans une autre dimension. J'ai connu ma première sélection en Équipe de France Cadets, lors d'un déplacement en Pologne. Cette même saison, nous avons remporté le titre de champion de France Cadets. Je n'avais encaissé que cinq buts, sans perdre le moindre match ! Nous avions battu Nîmes en finale des playoffs, 2-0 sur la pelouse de Clamecy. Ce titre avait été grandement salué par le club car il s'agissait du tout premier de l'histoire du Centre de Formation. Le Président Francis Borelli nous avait même envoyé fêter cela durant dix jours en Tunisie ! »
« J'avais gardé le but durant tout le parcours, avec notamment le quart de finale remporté aux tirs au but contre Lille. En demi-finales, nous avons écarté Metz lors d'un match disputé sur un terrain neutre au Mans. Malheureusement, nous nous sommes inclinés en finale face au Havre à l'issue de la séance des penalties. Je n'en ai pas repoussé un seul ! Une défaite très amère car nous avions dominé la partie. J'aurais tellement aimé offrir ce trophée à Erick Mombaerts, en partance pour Guingamp. Il a souvent pris sur son temps libre pour me faire travailler lors de séances spécifiques. Il m'a usé les hanches et les coudes sur l'ancien terrain stabilisé du Camp des Loges ! »
« J'ai suivi mes cours au lycée international de Saint-Germain-en-Laye car il aurait été inconcevable de ne miser que sur le football. Chaque matin, je venais en mobylette de Morainvilliers où je demeurais, puis je m'entraînais avant d'entamer l'école. Je prenais mes déjeuners au Centre de Formation, situé au mythique 120 avenue Foch. À l'issue de ma 3e année au club en tant que juniors 2, j'ai obtenu mon baccalauréat. Une immense fierté ! »
« Après avoir réalisé de longues piges en D3, puis obtenu mon diplôme scolaire tout en honorant le maillot Bleu avec des partenaires comme Zidane, Dugarry, Pedros, Thuram, Llacer, Nouma, Ouédec ou bien Ziani, mon père m'a emmené au Touquet le 3 juillet 1990, jour de la Saint-Thomas ça ne s'invente pas, pour rejoindre le groupe professionnel qui participait à un stage d'avant-saison. En effet, le club avait tenu son engagement en me permettant d'évoluer dans l'ombre du légendaire Joël Bats. Je me suis retrouvé au beau milieu des Susic, Bravo, Bosser, Jeannol, Sène et Vujovic ! Il s'agissait de la dernière saison de l'ère Borelli. Puis vînt la suspension de Bats lors d'un match de championnat, me mettant au-devant de la scène en tant que doublure. Une vague médiatique s'est abattue sur moi, ce qui ne m'a pas déstabilisé car j'avais l'habitude de m'entraîner avec les séniors depuis longtemps. C'était une forme de suite logique. »
« Le coach Henri Michel et son adjoint Gérard Banide m'ont donc titularisé lors du déplacement à Montpellier au Stade de la Mosson ! C'était le 10 août 1990. En face, il y avait les Valderama, Blanc, Baills, Ferhaoui, Ziober, Colleter, Thétis... Une sacrée équipe qui avait remporté la Coupe de France quelques mois auparavant. Dès le coup d'envoi, j'ai encaissé un but de mon propre coéquipier Jean-Pierre Bosser. Score final : 4-0 ! Ce fut un peu le début de la fin pour moi. Le week-end suivant, le coach m'a informé que je réintégrais le Centre de Formation car Dominique Leclercq, gardien d'expérience, venait compléter l'effectif. Aucun joueur cadre n'a pris ses responsabilités après cette débâcle. J'ai eu la sensation d'être le seul à payer pour tout le monde. Une situation très dure à vivre du haut de mes dix-neuf ans. »
« De retour sous la coupe de Marc Collat, je me suis retrouvé en concurrence avec Richard Dutruel, ce qui n'était pas prévu à la base mais nous avons joué le jeu pour le bien de tous. Une fois le moral revenu, contre toute attente, on m'a appelé pour prendre part à un entraînement des pros. J'y suis allé avec une grande détermination, j'ai malheureusement reçu une reprise de volée de mon copain Francis De Percin en pleine tête ! Verdict : fracture de l'arcade qui a occasionné deux opérations et trois semaines d'immobilisation à l'hôpital. Je suis revenu au mois de janvier suivant. Nous nous sommes de nouveau partagés les matches avec Richard Dutruel et Christian Potel. En mars, Dominique Leclercq s'est blessé et Richard et moi avons rejoint les pros lors d'un stage dans le sud de la France. À notre retour, le coach m'a aligné pour affronter Le Touquet en D3. Victoire 3-0 et tout fut relancé lors de ce match où j'ai grandement assuré. »
« Le reste de la saison, j'ai disputé mes matches en D3 tout en m'entraînant de nouveau avec les pros, mais j'avais encore dans un coin de la tête mon éviction du groupe pro l'année précédente. En mai, le dirigeant Charles Talar m'a informé qu'un prêt à Bastia en D2 était possible car leurs deux gardiens de but s'étaient blessés. Bien qu'ayant participé au début de l'épopée en Coupe Gambardella qui vit ensuite mes copains remporter le titre, je n'ai pas pu refuser cette opportunité pour acquérir du temps de jeu en pro (5 apparitions). Voilà pourquoi je ne me considère pas vraiment comme un vainqueur de la première Gambardella remportée par le PSG. »
« À l'été 91, le RC Lens veut racheter ma troisième et dernière année de stagiaire, tout en me faisant signer un contrat pro de quatre années. Une proposition difficilement refusable. À mon retour de vacances, je me présente dans le Nord avec les dents longues. J'intègre le groupe pro aux côtés des Wallemme, Sikora, Déhu, Laigle et consorts. L'ambiance était exceptionnelle. Mais alors que je disputais les matches amicaux, la signature de mon contrat tardait à venir, tout comme les équipements du club. Sans pour autant m'inquiéter. Au lendemain de ma titularisation lors du dernier match amical, de nombreux journalistes sont arrivés tout excités au centre d'entraînement pour nous informer que le club était repêché en D1 ! C'était la première fois que ce cas de figure se produisait, puisque d'habitude ce sont les clubs de D1 qui sont repêchés en priorité. J'ai directement pris conscience de cette décision... Le staff attendait cette éventuelle possibilité avant de m'engager ou non. Finalement, j'ai été prié de faire mes valises, car un certain Bernard Lama avait été recruté en provenance de Brest. »
« De retour au PSG comme un cheveu sur la soupe, je n'étais pas prévu dans l'organigramme des gardiens de but. Rebelote, direction le Centre de Formation. J'ai sollicité Artur Jorge, le nouveau coach des pros, via son adjoint Denis Troch connu lors de mes spécifiques avec la sélection régionale, mais rien n'y a fait, la porte fut fermée pour de bon. En octobre, j'ai rebondi lors d'un prêt au Red Star en D2 pour suppléer la blessure de l'ancien Titi Franck Mérelle. Le nouveau coach Robert Herbin m'a grandement fait confiance. Nous avons réalisé une belle remontée en championnat, puis un bon parcours en Coupe de France stoppé en quart de finale contre l'AS Cannes de Luis Fernandez. »
« En 1992, le club ne m'a pas proposé de contrat pro. Une opportunité à Châteauroux en D2 s'est présentée mais je me suis blessé lors d'un match d'essai, mettant fin à tout contact. Finalement, direction Metz où j'ai paraphé mon premier contrat pro. À Paris, j'ai tout appris. Impossible d'en vouloir à qui que ce soit. Tout n'a pas été simple c'est vrai, mais ce fut une expérience géniale qui m'a construit en tant qu'homme. J'ai remporté les premiers titres importants de l'histoire du Centre de Formation et j'y ai effectué mon premier match professionnel. J'ai porté le maillot de l'Équipe de France chez les jeunes, tout en évoluant avec des sacrés joueurs au PSG. Je suis d'ailleurs toujours en contact avec des potes de l'époque. Même si le Centre de Formation était un peu rustique, nous y avons passé de fabuleux moments. Je suis également fier de mon investissement sur le plan scolaire, peut-être même ma plus belle satisfaction. J'ai vraiment vécu la vie que je voulais à cet âge-là. Et dire que je suis au côté de Just Fontaine dans le dictionnaire du club, quel honneur ! »
« Je reste un fidèle supporter du club. Remporter deux fois consécutivement la Champions League est tout simplement incroyable ! Je félicite Luis Enrique et son staff car c'est le fruit de leur très bon travail réalisé au quotidien. Je suis toujours impressionné par ces grands champions qui performent sur la durée. Et dire que bon nombre d'observateurs les avaient une nouvelle fois condamnés en octobre ! Cette équipe me rappelle celle des Bleus lors de la période 1998-2000. On a l'impression que malgré les difficultés parfois rencontrées, il ne peut rien lui arriver. Je suis également content de voir certains jeunes s'imposer comme Warren Zaïre-Emery et d'autres pointer le bout du nez... »
« Bachelier en 1990, j'ai obtenu ensuite successivement un BTS de force de vente, un Diplôme Universitaire de Gestion des Organisations Sportives, le BEES 1er degré option Football. C'est à l'université de Rouen en 2012 que j'ai obtenu un Master 2 en management et marketing du sport professionnel. Après six mois en qualité d'agent de joueur de golf professionnel (2008), j'ai exercé la fonction de Directeur Général du club de football de l'AS Poissy (CFA) durant sept ans. Fin 2016 et jusqu’en 2021, j'ai changé d'orientation professionnelle en allant dans l'industrie automobile où j'ai rejoint une fonderie d’aluminium jurassienne spécialisée dans la fabrication de pièces de moteurs de voitures. J'avais la responsabilité des projets d'amélioration continue, puis d’acheteur spécialisé et enfin de chef de projets diversification. Fin 2021, la société fut liquidée. J'ai ensuite entamé une mission d’acheteur dans une société basée à Dunkerque, avant d'occuper le poste de Directeur du Centre de Performance du Golf National à Saint-Quentin-en-Yvelines. Désormais libre de toute mission, je suis disponible pour mettre à profit mes compétences. Recruteurs dans le football ou le golf, n'hésitez pas ! »
PROFIL :
Date de naissance : 8 août 1971
Lieu de naissance : Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)
Poste : gardien de but
Clubs successifs : US Marly-le-Roi (1978 à 1983), AS Poissy (1983 à 1987), Paris Saint-Germain (1987 à 1992), SC Bastia (1991, prêt), AS Red Star 93 (1991 à 1992, prêt), FC Metz (1992 à 1995), FC Rouen (1993, prêt), AS Poissy (1996 à 1997), SAS Épinal (1997 à 1998), AS Cherbourg (1998 à 2005), Croix-de-Savoie 74 (2005 à 2007), FC Mantois (2007 à 2008)
Palmarès avec les jeunes du Paris Saint-Germain : champion de France Cadets (1988), finaliste de la Coupe Gambardella (1989), vainqueur de la Coupe Gambardella (1991)
Équipe de France : Cadets + Juniors (60 sélections), Espoirs (1 sélection)