La formation, une singularité maison

Dans sa quête effrénée de records, le Paris Saint-Germain peut s’appuyer sur une jeunesse… en or. Massif même, puisque cette saison Thomas Tuchel a déjà aligné 10 joueurs « made in Saint-Germain-en-Laye », une référence parmi les grosses écuries du top 5 européen. Dans la Ville Lumière, les jeunes sont plus que jamais sous le feu des projecteurs. Eclairage.

Stade Louis II, dimanche dernier. Par trois fois, Edi Cavani a levé les bras à Monaco (triplé, succès 4-0), et peut surtout remercier Moussa Diaby, double passeur décisif ! Invité surprise de ce début d’exercice, le jeune ailier gauche (19 ans, 9 apparitions en L1), incarne cette aptitude des « Titis » à exister, puis briller, dans l’élite du football français. Illustration : sur le Rocher, 5 des 11 titulaires étaient des purs produits de la formation (Diaby donc, mais aussi Alphonse Areola, Presnel Kimpembe, Adrien Rabiot et Christopher Nkunku). Au passage, on notera qu’à l’occasion de son premier changement opéré, Thomas Tuchel a opté pour Stanley Nsoki (à la place de Draxler, 69e), qui défend cet écusson parisien depuis… l’âge de 15 ans.

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Nasser Al-Khelaïfi : « La région parisienne, un extraordinaire vivier »

Bien au-delà des bords de la Méditerranée et de cet épisode en Principauté, la nouvelle vague déferle en fait durablement sur l’équipe fanion. Sous le maillot rouge et bleu, les talents sont légion et fortifient l’attachement à l’institution. Ici, c’est Paris, terre fertile pour les « Titis », comme le signifiait le Président Nasser Al-Khelaïfi, dans les colonnes de notre magazine officiel, en mai dernier : « Depuis 2011, le projet que nous développons s’inscrit dans cette tradition, avec l’ambition assumée de situer au cœur de notre stratégie les grands talents de demain. Des talents venus de différents pays, de différents continents, mais aussi ceux issus de l’extraordinaire vivier de la région parisienne, le plus grand bassin de footballeurs au monde derrière celui de São Paulo. » Natif de la capitale, Moussa Diaby peut en attester ! Thomas Tuchel aussi…

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Tuchel, l’ode à la jeunesse !

Très enclin à lancer des jeunes pépites dans le grand bain, le stratège allemand a visiblement trouvé, au pied de la Tour Eiffel, un environnement propice pour échafauder son édifice collectif. Dans le football moderne, le talent n’a pas d’âge, et cette tendance a rapidement sonné comme une évidence, à la lecture de la première composition d’équipe concoctée en compétition officielle par Coach Tuchel, dès le Trophée des Champions (en août). C’était déjà face à Monaco, le Paris Saint-Germain s’était également imposé… 4-0, avec là aussi une formation hybride. A savoir un mix de stars internationales (Gigi Buffon, Thiago Silva, Neymar Jr), épaulées par des éléments du cru (6 jeunes issus de la formation dans le onze à Shenzhen : Dagba, Nsoki, Rimane, Nkunku, Rabiot, Weah. A noter qu’Antoine Bernede est quant à lui entré en jeu).

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Dans le top 5 européen des clubs formateurs

Au Parc face à Caen, Saint-Etienne ou Reims, à Marseille ou Liverpool : au fil des épisodes (et très souvent des succès), 10 éléments issus de la formation sont déjà apparus avec les pros, dans cette campagne 2018-2019. Dans les « top teams » européennes, personne ne peut suivre la cadence, pas même le Real Madrid. Pourtant désigné récemment meilleur club formateur d'Europe, par le Centre international d'étude du sport (CIES), le club merengue n’a aligné « que » 4 joueurs issus de son centre en équipe première cette saison… Même constat pour l’OL (2e de ce classement continental, mais seulement 5 joueurs apparus en pros, ou encore le Barça, qui complète le podium, avec 6 joueurs).

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Comme en compétition, le Paris Saint-Germain gravit donc les échelons au rayon formation. Révélés aux yeux du monde lors de chocs de Champions League, Adrien Rabiot (étincelant face au Real au Bernabeu en novembre 2015) ou « Presko » Kimpembe (bluffant de sérénité face au Barça, en février 2017) ont montré la voie, traçant un sillon pour de nouvelles générations. Une question de filiation, de tradition aussi, dans un club où un quart des joueurs à avoir porté le maillot de l’équipe première en match officiel sont issus du centre de formation ! Avec toutes ces énergies en gestation, de nouvelles émotions se dessinent inévitablement à l’horizon…