Hugo Metifiot : « Être champion de France fin novembre »

Champion de France juniors en -73kg l’année dernière, pilier de l’équipe double championne de France juniors, Hugo Metifiot, monté en -81kg à l’été 2019, se projette avec enthousiasme vers la reprise.

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Tu fais partie des premiers à avoir rejoint le PSG Judo, et tu fais office de capitaine dans ce groupe haut niveau. Quel regard portes-tu sur cette aventure encore naissante ?
C’est un club très pro. Le suivi médical et sportif, sur le tapis de l’INSEP par exemple, est top. D’un point de vue purement judo, l’osmose a tout de suite eu lieu avec Nicolas (Mossion, responsable du haut niveau, NDLR). Il y a une vraie complicité entre nous sur ce plan. C’est donc assez logiquement dans ce domaine qu’il m’a le plus apporté : il a su optimiser ma capacité à exprimer mon judo. Il a réussi à me débrider, en me donnant de plus en plus confiance en moi. C’est passé par de longues discussions et un travail technique pointu. Concrètement, je viens plus tôt au dojo du club, le mercredi après-midi, pour que nous puissions travailler ensemble.

L’été 2019 a été marqué par ton choix de décliner une sélection internationale et de monter de catégorie. Quelles réflexions ont guidé ces choix ?
En mars 2019, je deviens champion de France juniors en -73kg. Un événement qui reste mon meilleur souvenir au club depuis mon arrivée. Je participe à des coupes européennes et je suis sélectionné pour les championnats d’Europe juniors en septembre. Là, je perds au premier tour contre un mec fort (un judoka russe qui finira en bronze, NDLR). Je n’étais que l’ombre de l’ombre de moi-même. J’étais arrivé à cette compétition complètement lessivé par le régime. Plus globalement, je n’allais plus à l’entraînement pour progresser, mais pour perdre du poids. J’ai donc décidé d’arrêter les frais car je n’étais absolument plus en capacité de gagner. Voilà pourquoi j’ai décliné ma sélection pour les championnats du monde juniors. De l’extérieur, cette décision pouvait paraître incompréhensible : comment refuser une sélection mondiale ? C’est un point de vue que je comprends. Mais aller à une compétition juste pour dire « j’y étais » n’est pas dans mon tempérament. Ce fut une période vraiment délicate pour moi, car je devais repartir de zéro ou presque, notamment vis-à-vis du staff national. Heureusement, j’ai pu compter sur le club qui m’a épaulé dans ce moment pas forcément facile à vivre. Nicolas m’a tenu le discours suivant : « Focus sur les -81kg dorénavant ! On regarde l’avenir. Et un bon judoka dans une catégorie l’est aussi dans la catégorie supérieure. » En novembre dernier à Amiens, je participe donc aux championnats de France seniors première division dans ma nouvelle catégorie. J’étais loin d’être au top, me sentant encore dans le creux de la vague, mais je termine tout de même cinquième, à jouer le podium jusqu’au bout. Avec le recul, je n’ai aucun regret finalement.

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Un mois après, tu remportes à nouveau le titre national juniors par équipes, avant de récidiver aux championnats de France seniors deuxième division par équipes en décembre. Des titres qui ont dû te faire du bien, non ?
Aux juniors, je n’étais déjà pas le même qu’à Amiens ! On avait retrouvé le vrai Hugo. J’ai senti que le plaisir à pratiquer le judo m’animait de nouveau. Ce second titre consécutif avec les copains reste vraiment un super souvenir ! Pour les seniors, il nous manquait aussi Tanou (Keita, champion de France juniors en -100kg, cinquième des championnats d’Europe juniors, NDLR) qui était blessé, nous sommes tous montés de catégorie et, Nicolas et Julien (Boussuge) étant partis coacher à Aix, c’est Eniel (Caroly, champion de France juniors en -90kg en 2019, mais lui aussi blessé à cette époque, NDLR) qui s’est retrouvé sur la chaise derrière nous. À chaque tour, on se sentait de plus en plus invincible. Une journée vraiment aboutie encore une fois !

Comment as-tu évolué au fil des mois ?
Fin janvier, j’atteins la finale du tournoi national de Tergnier. Ma dynamique de prise de repères dans ma nouvelle catégorie était bonne quand le confinement a été mis en place. Rien de grave puisque, comme tous les judokas du club, j’ai très vite reçu des programmes de préparation physique. Le contact a été maintenu très régulièrement, notamment via des défis physiques hebdomadaires, de la documentation à lire sur la préparation mentale, etc.
Chez moi, je me suis organisé une séance le matin du lundi au vendredi : deux de « cardio » sous forme de circuit, deux de musculation et une de préparation lactique. Le week-end, j’allais courir. Une période qui m’a aussi permis de soigner mes petits bobos (tendinites aux coudes et entorses aux doigts) et de souffler. Depuis que je suis cadet deuxième année, il faut dire que je n’ai jamais eu plus de dix jours de repos complet (sourire). Je sens que cette période m’a fait beaucoup de bien car je brûle d’impatience à l’idée de retrouver le chemin du dojo. Une impatience qui me prouve, une nouvelle fois, que j’aime profondément le judo. Et même si à l’heure actuelle le flou règne encore sur la date de reprise, mon objectif est déjà fixé : être champion de France fin novembre à Villebon !

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