Teddy, ton histoire avec le Paris Saint-Germain a commencé très jeune. Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?
« Mon premier club, ça a été le Paris Saint-Germain. À l’époque, c’était à l’Aquaboulevard. Je faisais du multisport, avec une dizaine de disciplines différentes dans la semaine, dont le judo. Quand le Paris Saint-Germain est arrivé avec cette grande équipe et tout ce qui fait un club omnisports, j’étais l’un de ces petits qui pratiquaient le judo. Et finalement, ça ne m’a jamais quitté. Ensuite, le grand club omnisports s’est arrêté et les entraîneurs de l’époque ont créé Paris Judo. Puis, en 2017, on a recréé la section judo du Paris Saint-Germain. Je m’en souviens comme si c’était hier. Pour moi, c’était un retour à la maison, parce que c’est vraiment le club que j’ai supporté toute ma vie. C’est dans mon ADN. Je suis un pur produit, un pur Titi parisien. »
Tu te souviens également de ta première fois au Parc des Princes…
« Oui ! Je me souviens de la première fois où mon père m’a emmené ici pour voir un match. Je pourrais encore montrer exactement où nous étions assis dans la tribune ! Je ne me souviens plus du match, mais je me souviens d’un joueur : Ronaldinho. Il avait des chaussures Nike couleur bronze. Ça m’avait marqué de voir un magicien, un phénomène comme lui. Encore aujourd’hui, c’est un joueur que j’adore et que je respecte énormément. Il a beaucoup apporté au Parc et au monde du football. »
En 2017, tu participes donc au retour du judo au Paris Saint-Germain. Que représentent ces images aujourd’hui ?
« Elles m’évoquent le renouveau et tout le chemin parcouru depuis. On a ramené une Champions League au Club, donc forcément, il y a beaucoup de fierté. La fierté de l’avoir fait avec le club qui m’a tout apporté. Je revois Jean-Claude Blanc, Djamel Bouras… On était tous un peu plus jeunes ! Il y a beaucoup d’émotion et beaucoup de fierté d’avoir construit tout cela ensemble. Je pense aussi à toutes les personnes qui sont autour de nous au quotidien et qui nous permettent de réaliser nos rêves. C’est une histoire, une passion. Et nous savons aussi que nous sommes regardés par une jeune génération. Quand j’étais plus jeune, moi aussi je regardais les anciens, comme Djamel Bouras. J’ai encore des photos avec lui lorsqu’il me remettait des médailles, des diplômes ou lors de mes passages de grade. Aujourd’hui, c’est mon président ! Ce sont toutes ces images qui font une histoire. »
En juillet 2022, lors de la tournée du Paris Saint-Germain au Japon, tu as également eu l’occasion d’initier les joueurs de l’équipe de football au judo. Quels souvenirs en gardes-tu ?
« C’était très sympa, parce que c’était une initiation pour eux, avec aussi une petite crainte ! Ils avaient peur du choc, peur d’avoir mal, donc je me souviens bien de leurs expressions. Mais c’était surtout un très beau moment d’échange. Nous avons tous nos agendas et nous n’avons pas forcément le temps de nous voir régulièrement. Nous sommes sous la même bannière, nous nous apprécions, nous nous encourageons, nous échangeons des messages… Pouvoir partager ce moment ensemble, c’était vraiment cool. Et franchement, ils étaient tous de bons élèves ! »
En 2024, le Paris Saint-Germain remporte la Champions League de judo. Pour quelqu’un qui a remporté autant de titres individuels, quelle saveur avait cette victoire collective ?
« C’était l’aboutissement d’un long chemin, parce qu’on la voulait vraiment, cette Champions League. On voulait ramener ce trophée au Club et être les premiers à le faire. Il y avait énormément de fierté. Ce sont des moments uniques, des moments de pur bonheur où, même si nous pratiquons un sport individuel, nous sommes tous unis pour aller chercher la victoire. Et la saveur est totalement différente. Dans ces moments-là, on met un peu son ego de côté. On se dit qu’on combat pour l’autre, pour les copains, pour le Club, pour toute cette entité et pour les couleurs du maillot. Quand on y arrive tous ensemble, et avec la manière, ça fait du bien. »
Cette victoire fait-elle partie de tes plus beaux souvenirs avec le Paris Saint-Germain ?
« J’ai vécu beaucoup de moments forts avec le Paris Saint-Germain, que ce soit la Champions League en judo ou celle remportée par l’équipe de football. Ce sont les moments du Club, des moments qui nous appartiennent et que l’on partage avec tous ceux qui nous soutiennent et nous encouragent depuis le début. Ce sont des choses qu’on ne peut pas oublier. C’est intense, c’est fort. Je pense que ce sont ces souvenirs-là qui resteront lorsqu’on aura arrêté. Parfois, c’est simplement un regard, un sourire, un moment où l’on fête quelque chose tous ensemble. Ce sont des instants très particuliers. »
L’inauguration du dojo du Paris Saint-Germain au Plessis-Robinson a également représenté une nouvelle étape pour le projet…
« Oui, enfin un dojo aux couleurs du Paris Saint-Germain ! C’était encore une étape supplémentaire, notamment avec toute la dimension liée à la formation. C’est donner la chance à des jeunes de pouvoir évoluer, de côtoyer les professionnels et de se dire : “Moi aussi, demain, j’aimerais devenir un champion comme eux.” Pouvoir recevoir des conseils, échanger avec les champions ou simplement les côtoyer, ça peut donner naissance à des vocations. »
Et puis il y a cette première Champions League remportée par l’équipe de football du Paris Saint-Germain. Qu’as-tu ressenti ?
« Quand je revois ces images, je vois surtout tous ces visages et à quel point tout le monde était heureux de cette réussite. Et elle n’est pas seulement parisienne, elle est nationale et internationale. Ça fait du bien de voir tout le monde réuni autour d’un événement. Pour moi, c’est aussi ça, le sport : ça rassemble, ça fédère. Lors des événements sportifs, j’aime parfois regarder ailleurs que là où se déroule le jeu et observer les tribunes. Regarder les jeunes, les moins jeunes, les plus anciens… Il y a des étoiles dans leurs yeux, de l’émotion, quelque chose qui les captive. Pendant quelques instants, on oublie tout ce qui peut se passer dans la vie. C’est un moment hors du temps. »
Quel genre de supporter es-tu lorsque tu regardes le Paris Saint-Germain ?
« Ça dépend de l’enjeu et des personnes avec qui je suis ! Mais il faut une ambiance. Quand on regarde un match et qu’on supporte une équipe, il faut de tout, même ceux qui pensent connaître le sport mieux que les joueurs ! Moi, j’aime surtout passer un bon moment autour d’un événement. »
Tu as aussi pu vivre les célébrations au Parc des Princes avec tes proches…
« Grâce à ça, je suis devenu le tonton préféré ! Et même mes sœurs ne peuvent rien dire ! J’ai pu faire vivre des moments incroyables à mes neveux : toucher la coupe, saluer les joueurs, faire des photos, venir sur la pelouse… Là-dessus, je suis bien ! »
Aujourd’hui, que représente pour toi le fait de terminer ton aventure au Paris Saint-Germain ?
« Je crois que la phrase qui résume le mieux tout ça, c’est : Quoi de mieux que de terminer à la maison ? C’est terminer en beauté et clôturer cette histoire ensemble. »