Sélectionné pour ces championnats du monde après le forfait de Walide Khyar, Kelvin Ray abordait à seulement 20 ans le premier grand rendez-vous international de sa jeune carrière. Et pour son entrée en lice, le Parisien n’a pas tardé à montrer qu’il était prêt à répondre présent.
Opposé à l’Américain Ari Berliner au premier tour, Kelvin a rapidement pris les commandes du combat. Très entreprenant, il inscrivait deux yuko avant de conclure sur une nouvelle attaque, d’abord comptabilisée waza-ari puis finalement transformée en ippon après revisionnage vidéo. Une première victoire convaincante qui lui ouvrait les portes d’un deuxième tour particulièrement attendu.
Face à lui se dressait alors Hifumi Abe, double champion olympique et quadruple champion du monde. Un adversaire que Kelvin connaissait déjà pour l’avoir affronté quelques mois plus tôt au Grand Prix de Qingdao où il s'était incliné rapidement par ippon. Mais le Parisien se présentait cette fois avec davantage de confiance, sans complexe face à l’une des références absolues du judo mondial.
Kelvin a rapidement montré qu’il n’était pas venu pour subir. Après avoir reçu une première pénalité pour non-combativité, il poussait le Japonais à la faute grâce à son activité, Abe écopant à son tour d’un shido pour attitude défensive. À quinze secondes de la fin du temps réglementaire, Kelvin recevait une deuxième pénalité et les deux hommes étaient contraints de poursuivre au golden score.
Au fil des minutes, le rapport de force ne faiblissait pas. Hifumi Abe semblait commencer à accuser le coup et cherchait régulièrement à gagner quelques secondes pour reprendre son souffle, allant notamment jusqu’à retirer délibérément sa ceinture. Des séquences qui auraient pu lui valoir de nouvelles pénalités. Le Japonais recevait même un deuxième shido pour fausse attaque, se retrouvant lui aussi à une pénalité de l’élimination.
Après plus de six minutes de combat, c’est finalement Kelvin qui était sanctionné d’un troisième shido sévère pour non-combativité, mettant un terme à une bataille particulièrement disputée. Une élimination forcément frustrante au regard du scénario, mais surtout une prestation qui confirme tout le potentiel du jeune Parisien.