Une reprise au grand air

Alors que juillet sonne d’ordinaire le départ en vacances, il s’agit plutôt du retour aux affaires pour les combattants du club, privés de judo pendant de longues semaines depuis mars dernier. Direction Morillon, en Haute-Savoie, pour un stage destiné à relancer la dynamique de groupe en vue de la saison à venir.

Stage Morillon (juillet 2020)

« Ça fait un peu bizarre de tous se revoir en judogi, sourit Ophélie Vellozzi (photo ci-dessous), que nous avions quittée sur son titre de championne de France juniors acquis en -57kg toute fin février. Moi qui bouillonne déjà au bout d’une semaine sans pratiquer, c’est un vrai soulagement ! » Depuis les premières annonces gouvernementales instituant mi-mars le confinement de la population, les « armures » blanches et bleues, portées quotidiennement pour la plupart, avaient en effet pris le chemin des armoires. « Hormis en cas de blessure, cela n’arrive jamais de couper aussi longtemps, précise Nicolas Mossion, responsable du haut niveau heureux de mettre de côté les visioconférences de préparation physique pour renouer avec le tatami. J’avais un peu peur de la déconnexion avec le haut niveau, mais je suis agréablement surpris du niveau physique des uns et des autres, qui ont tous été testés avant de pouvoir reprendre. Le sérieux et l’autonomie dont ils ont su faire preuve pendant cette pause forcée nous permettent d’aussitôt bien pouvoir travailler. Nous sommes tous encore en manque de sensations, et c’est en repartant d’exercices conventionnels, simples, que tout va rapidement rentrer dans l’ordre. Chacun à son rythme, mais avec le souci du placement et du relâchement. »

Ophelie-Vellozzi_Bastien-Jenner (juillet 2020)

Sourires aux lèvres malgré la chaleur ambiante, les athlètes se plient de bonne grâce aux éducatifs imposés autour de la première saisie. « Je n’attendais que ça, souffle Arnaud Aregba, vainqueur en -81kg du réputé tournoi international d’Aix-en-Provence en décembre dernier. Même si c’est important, le travail du physique n’est pas tellement mon truc, et je suis content de pouvoir renouer avec mes petites feintes et pièges lors des oppositions. C’est le côté « jeu » du judo que j’adore, et ce stage comme les rassemblements nationaux qui vont suivre vont me permettre d’y goûter à nouveau. On va aussi attaquer cet été sans la fatigue habituelle du premier semestre, et donc avec un maximum de fraîcheur et d’envie. » Se faire « mal », dans le bon sens du terme, c’est aussi ce que veut retrouver la double championne d’Europe juniors Faiza Mokdar (-52kg). « Renouer avec les randoris (combats d’entraînement, NDLR) est une première étape qui va nous faire beaucoup de bien, avant de penser à la compétition. Rien qu’en tentant et en retrouvant quelques automatismes sur mes liaisons debout-sol, je me sentais mieux. Je n’ai rien oublié, tout est encore là (rires) ! »

cohesion (novembre 2019)

Au cœur de la Vallée du Giffre, il n’est pourtant pas que question de judo pour les vingt athlètes encadrés par Nicolas Mossion, Julien Boussuge et Fabien Wolfarth, masseur-kinésithérapeute du club. Réveil musculaire, gammes, préparation physique en lien avec le travail de saisie, mais aussi une activité de montagne chaque après-midi, entre trail, parcours d’orientation, ascension de cols et canyoning. « L’idée première de ce stage est déjà de se retrouver tous ensemble déjà, expose le responsable haut niveau. Avec le staff médical du club et Julien, nous nous sommes battus pour pouvoir organiser ce rassemblement dans le respect des protocoles sanitaires, car cela a vraiment du sens pour nous. Pour se remettre dedans physiquement et mentalement, mais aussi pour définir clairement les objectifs à venir, recadrer les choses pour les mois à venir. Il n’y a que sur les stages que l’on peut partager autant de moments de vie, c’est primordial pour la cohésion du groupe. » Un nouveau point de départ en altitude qui promet un été studieux, avec les premiers stages nationaux au programme dans une dizaine de jours.