Ashley Lawrence : « J'ai toujours cherché à me surpasser »

Les prémices de son amour du football, son évolution avec l’équipe parisienne et son regard sur les supporters… La Canadienne s’est confiée sans détours au micro de PSGTV.

On va se replonger dans tes souvenirs. Changer de pays, de culture, quitter le Canada pour rejoindre la capitale française il y a 3 ans… ça a été un choix difficile pour toi ?

Oui, beaucoup de choses ont compté dans ma prise de décision. J'aimais l’esprit européen, la culture du football, tout simplement. La manière dont on vit le foot ici, comment on y joue. Et c'était un environnement dans lequel je voulais évoluer. Je pense que pour progresser, je savais que j'avais besoin de changement. Vous savez, prendre l'avion pour traverser le globe, être si loin du Canada, ça a été un énorme sacrifice pour moi. Mais je savais que j'avais besoin de faire ce pas pour grandir. Ça a toujours été un rêve de faire ce métier, mais ce n'était pas si commun de tout quitter. Beaucoup de joueuses continuent d’évoluer en Amérique du Nord. On ne parlait pas beaucoup d'aller dans un grand club européen, mais je pense qu'au fil des ans, le foot féminin continue de se développer ici et c'est incroyable. Pour prendre l’exemple de ma coéquipière canadienne, Jordyn Huitema, elle n'est pas allée à l'université, mais elle est passée directement au niveau professionnel. Je pense donc qu'elle est le parfait exemple du fait qu'il y a désormais plus d'options pour les femmes qui veulent devenir footballeuses. Et je pense que c'est formidable de voir cette évolution au fil des ans.

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D’où vous est venue cette passion pour le ballon rond ?

J’ai toujours aimé le football. Mais la passion, elle vient de mon frère aîné, qui jouait déjà tout petit. Ça a commencé quand j’étais bébé, en le regardant simplement taper dans le ballon. Et puis naturellement, je m’y suis mise aussi. Je pense que j'ai commencé très jeune. J'ai continué à jouer, et la joie que j'avais quand j'étais sur un terrain, c'était quelque chose d’incroyable, que je ne voulais jamais perdre. Et je pense que même encore aujourd'hui, à chaque entraînement, je n'ai pas perdu ce sentiment. C'est plus qu'un travail, c'est une vraie passion. J’ai bien conscience que beaucoup de gens ne sont pas aussi chanceux que moi, et c’est pour ça que je suis vraiment reconnaissante de pouvoir aller sur le terrain tous les jours pour faire ce que j'aime, et qu'en plus ça contribue à ma carrière professionnelle. Tout ça, je le dois à ma famille et à mon grand frère. Il me bousculait, il m’a aidé à puiser beaucoup de force.

On sait que les supporters sont très fidèles à l’équipe féminine. Quelle perception avez-vous des fans parisiens ?

Je pense qu'ils font vraiment une énorme différence pour nous. Dans les grands matches, ils nous diffusent cette énergie qui peut vraiment faire basculer un match. Sur le terrain, nous faisons beaucoup d'efforts et nous dépensons beaucoup d'énergie. Je pense que les ultras nous donnent un autre avantage. Et nous l'avons vraiment ressenti quand nous n'avons pas pu avoir de supporters. On a vraiment vu la différence. Et je pense qu'au fil des ans, ils sont de plus en plus nombreux et passionnés. Nous sommes vraiment heureuses et chanceuses de les avoir comme soutien auprès de nous. Notre section féminine est plus récente, et c’est quelque chose de fantastique qu’ils puissent nous voit grandir avec les années. Je pense que ça a vraiment contribué à créer un lien solide avec eux. On va continuer à se développer, mais avec une base aussi forte, je n’ai pas de doutes.

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Qu’est ce que ça fait d’être l’une des plus anciennes de l’équipe ?

Hum, et bien, c’est assez surréaliste. Quand je repense à la première fois où je suis arrivée au Paris Saint-Germain, je me suis dit que c'était un honneur de jouer dans un grand club comme celui-ci. Mon but a toujours été de jouer en Europe. Je m'en souviens comme si c'était hier, quand j’ai signé en étant l'une des plus jeunes de l'équipe…  À l’origine je n’avais signé que pour deux ans et puis j'ai absolument tout aimé de mon expérience ici. C'est un club qui a beaucoup d'objectifs. Et moi, je veux gagner des titres! Je veux grandir en tant que footballeuse. Alors prolonger mon contrat était une grande décision mais surtout une évidence. Je veux continuer. Je veux continuer à pousser pour que ce club gagne des titres.

Pour ta 3e saison à Paris, quel regard portes-tu sur ton évolution ?

Je pense être plus polyvalente. Je suis habituée à jouer dans différentes positions, et à l'origine, quand j'ai signé avec Paris, j’étais arrière gauche. Et cette saison, je suis de retour en tant que latérale. Donc je pense que j’ai appris à vraiment évoluer à différents postes. Et ça me va parce que j'ai toujours cherché à me surpasser. Je suis quelqu'un qui aime sortir de sa zone de confort. Je suis très, très dure avec moi-même et parfois trop. Mais je pense qu’il le faut pour donner l'exemple, et emmener les autres avec moi. Être constamment très exigeante m’a beaucoup aidé à jouer avec pas mal de mes coéquipières depuis de nombreuses années maintenant. Et je pense que c'est plutôt cool parce que, vous savez, ce n'est pas si courant d’évoluer avec un groupe aussi solide pendant si longtemps. Parfois certaines partent, certaines restent. Mais je pense qu'avec une partie de ce groupe, nous avons commencé comme une très jeune équipe, et nous avons beaucoup grandi ensemble. Et je trouve ça formidable.