L’initiative Carte Blanche du PSG met à l’honneur des créations de professionnels du monde de la photo. Pour vous offrir un regard différent et neuf sur le club, les joueurs, le staff et le Parc des Princes, ils ont désormais Carte Blanche.
Deux moments à Paris ont changé ma façon de voir le football.
Le 31 mai 2025, j’en ai eu un premier aperçu dans la ville. Les rues vibraient d’une victoire qui n’était pas la mienne, mais qui, d’une certaine manière, en donnait l’impression. Un an plus tard, le 30 mai 2026, j’ai eu la chance de la documenter au Parc des Princes.
Ce que j’y ai découvert, c’est un monde éphémère où des milliers d’inconnus se rassemblent.
Dans un monde où nous sommes souvent séparés par nos origines, notre statut, notre âge ou nos circonstances de vie, ce moment semblait créer un espace où ces différences perdaient de leur importance. Pendant un instant, des personnes se sont liées à d’autres qu’elles n’auraient probablement jamais rencontrées autrement.
C’est ce sentiment qui est devenu le point de départ de cette série.
Pour une partie du projet, j’ai invité des supporters et des artistes à se tenir devant le même fond blanc. Photographiés de la même manière et occupant la même place dans le cadre, ils sont abordés sur un pied d’égalité. Ces portraits effacent les hiérarchies que nous pouvons ressentir dans notre quotidien et ramènent chacun à sa présence la plus simple.
L’autre partie de la série s’intéresse aux émotions et aux relations humaines : la joie, la peur, la tension, le soulagement, la connexion. À ces instants fugaces qui traversent une foule et qui, l’espace d’un moment, transforment des milliers d’individus en une communauté.
Ces deux approches se mêlent tout au long de la série. Tantôt centrée sur l’individu, tantôt sur le collectif, elle alterne entre le portrait et la foule, entre l’intime et le partagé. Ensemble, elles racontent comment une expérience profondément personnelle peut aussi devenir un moment de communion.
Pouvoir vivre tout cela, condensé en une seule soirée et partagé avec des personnes de tous horizons, donne le sentiment d’être pleinement vivant. Et j’ai l’impression d’en comprendre aujourd’hui un peu plus profondément la portée.
Merci Paris. Merci au PSG de m'avoir révélé ce que le football est capable de créer entre les êtres humains.
Julia Marino
Julia Marino (née en 1996) est une photographe et artiste visuelle néerlandaise installée à Paris. À la croisée de la photographie de mode et du documentaire, sa pratique s'articule autour du casting et des relations qu'elle tisse avec les personnes qu'elle photographie. Qu'il s'agisse d'anonymes rencontrés dans la rue, de talents ou de personnalités publiques, elle aborde chacun de ses sujets avec la même intention : créer un espace où ils peuvent apparaître tels qu'elle les découvre, fiers et authentiques.
Ses images se distinguent par leur intimité et une forme de dignité discrète. À travers des procédés argentiques et le travail en chambre noire, elle construit des récits à la fois profondément personnels et universels. Ancrées dans des communautés et des territoires spécifiques, ses photographies résonnent bien au-delà de leur contexte d'origine.
La question de l'identité et de l'appartenance traverse l'ensemble de son travail : la manière dont les individus portent en eux leur histoire, leur ville et leur culture, et comment celles-ci se révèlent dans leur posture, leur regard ou leur présence.
Parmi ses projets récents figurent une campagne réalisée en Jamaïque pour Carhartt WIP, une publication photographique autoéditée consacrée à sa communauté, ainsi qu'un reportage consacré à Pharrell Williams avant ses débuts chez Louis Vuitton. Son travail éditorial a été publié dans American Vogue, M Le Monde et la Süddeutsche Zeitung. Elle a également collaboré avec des marques et institutions telles que Nike, le Paris Saint-Germain et Carhartt.