Nicolas Mossion : « Une véritable aventure »

Choisi l’an passé par le président Djamel Bouras pour être l’entraîneur de ce nouveau PSG Judo, Nicolas Mossion apprécie la tournure des évènements depuis la rentrée dernière. Selon lui, c’est en s’appuyant sur de solides bases que les athlètes du club parisien pourront tutoyer les sommets ces prochaines années.

Déjà six mois que la section judo du Paris Saint-Germain a ré-ouvert ses portes, dans le dojo du CMG de la Place d’Italie (XIIIe arrondissement). Quel regard portes-tu sur ses premiers pas ?
«Bien que nous n’en sommes encore qu’au tout début du projet, j’estime que les choses avancent vite, avec un démarrage plus qu’intéressant. Nous nous sommes aperçus que le fait de constituer un groupe de jeunes athlètes a été judicieux, car l’important est de construire sur du long terme pour pouvoir atteindre les objectifs ambitieux du PSG. J’ai été très content que les dirigeants me laissent les clés du recrutement, et je ne me suis pas trompé en choisissant ses quatorze jeunes sur leurs qualités de judokas bien sûr, mais aussi sur leurs valeurs humaines. Une identité « PSG Judo » s’est vite créée, avec une âme et des liens qui se sont tissés entre tous : dirigeants, staff et athlètes. C’est ce qui a contribué, avec les moyens qui sont actuellement les nôtres, à nous rendre déjà performants.»

Tu parles notamment du titre national seniors en -52kg de Faiza Mokdar début novembre...
«Il s’agit effectivement de notre premier temps fort. Faiza correspond totalement au projet du club, qui est de former des jeunes pour en faire des champions. Par son potentiel énorme et son état d’esprit de conquérante, elle pourrait être l’exemple et la mascotte du club. Je la voyais performer, mais pas forcément déjà gagner (en réalisant au passage un triplé historique avec les titres de championne de France cadettes, juniors et seniors décrochés en 2018, à seulement dix-sept ans, NDLR). Cette victoire a été bénéfique pour tout le monde, et s’est avérée être nos vrais débuts, la preuve que nous nous installions. Elle a lancé le mouvement, et après tout s’est enchaîné.»

Avec, un mois plus tard, cette victoire de l’équipe masculine aux championnats de France juniors par équipes. En quoi ce succès collectif a-t-il lui aussi été fondateur pour ce groupe ?
«C’était parfait car tout est parti des combattants eux-mêmes. Je n’avais pas forcément planifié ces championnats dans notre calendrier, estimant que le par équipes nécessite d’abord de bien se connaître pour pouvoir faire corps. Mais les garçons ont tenu à y participer. Dans mon approche, je crois beaucoup à l’échange, et cette demande était un indicateur fort de leur engagement. Derrière, c’était beaucoup de pression puisque, même si nous avions fini troisièmes des championnats régionaux en en préservant certains, nous nous présentions sur ces France avec l’ambition de gagner. Ce fut au final un véritable test pour les jeunes, qui a vraiment renforcé leur cohésion.»

Tu parles d’engagement et d’ambition. Est-ce le cœur de ton message à ton groupe depuis qu’il a été constitué ?
«En judo, quels que soient leurs profils, tous les champions partagent au moins une chose en commun : la rigueur. C’est le véritable mot d’ordre pour quiconque veut évoluer dans le haut niveau, et c’est ce que nous voulons transmettre au PSG Judo. C’est important d’inculquer ça à nos jeunes, qui possèdent un très bel exemple en la personne de Djamel, qui a construit son palmarès sur la base de son engagement constant. Personnellement, ce que je ne veux surtout pas, c’est qu’ils se mettent des barrières. Ce n’est pas dramatique de ne pas être tête de série sur un tournoi, il faut juste s’aligner en étant convaincu d’être à sa place, prêt à faire un bon parcours. C’est aussi une question de persévérance car nous savons que rien ne sera facile d’emblée en seniors. Je suis très attaché à ce que les jeunes formalisent tout ça, qu’ils comprennent leurs défaites comme leurs victoires, qu’ils soient acteurs de leur développement. En parallèle, à moi et au staff de les amener dans les meilleures dispositions sur les compétitions.»

La séance du mercredi soir au dojo du PSG est-elle primordiale de ce point de vue-là ?
«Ce ne fut pas facile à instaurer mais tout le monde partage avec beaucoup de plaisir ce rendez-vous hebdomadaire. Teddy est sur le tapis avec les jeunes, Djamel n’hésite pas à mettre le kimono, c’est essentiel de nous retrouver entre nous. Ne serait-ce que pour entretenir notre identité qui est déjà forte. Nous voulons partager ces moments de judo, qui sont autant de moments de vie en fait. J’espère que nous pourrons multiplier ces créneaux à l’avenir.»

Place à l’international désormais. Quel est ton mot d’ordre ?
«Avec nos sept médailles dont trois titres (pour Hugo Metifiot, Eniel Caroly et Tanou Keita, NDLR), nous avons terminé meilleur club aux championnats de France individuels. C’est très satisfaisant de démarrer de la sorte, mais cela ne doit constituer qu’une étape dans notre logique de progression. L’objectif est de performer à l’international désormais, où la concurrence est bien plus relevée. J’attends que chacun hisse son niveau, en prenant chaque compétition comme un combat d’un même tournoi, dans lequel il faut sans cesse s’élever pour accéder au tour suivant. Avec les championnats d’Europe (12-15 septembre à Vantaa, en Finlande) et du monde (16-19 octobre à Marrakech, au Maroc) en ligne de mire.»

Ces deux échéances coïncideront avec la seconde rentrée de l’école de judo pour les plus petits…
«C’est ce qui rend le projet du PSG Judo très excitant ! Nous voulons certes avoir des champions, mais nous voulons avant tout former nos plus jeunes afin qu’ils puissent le devenir. Ça prend doucement, à nous de bien travailler pour attirer plus de monde sur nos créneaux enfants et loisirs, avant de pouvoir s’ouvrir à d’autres populations, comme les personnes en situation de handicap par exemple. Nous sommes en tout cas constamment en recherche avec les dirigeants pour bâtir dans la durée, en étant le plus complet possible afin d’éviter tout feu de paille. C’est une véritable aventure que nous sommes en train de vivre.