Classique, acte 100 (2/4) : 1986 à 2000

Dimanche soir au Stade Vélodrome, le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille vont participer au 100e classique en matches officiels. Retour en 4 actes sur ce duel historique du football français, dominé par les Parisiens (44 victoires, 22 nuls et 33 défaites avant cette centième). Deuxième partie : de 1986 à 2000.

L’arrivée de Bernard Tapie à la présidence de l’OM marque un premier tournant dans l’histoire du Classique, avec une domination marseillaise jusqu’au début des années 2000. Le 28 novembre 1986, les Parisiens sont largement battus au Vélodrome (0-4), avec un malheureux Joël Bats, remplacé dans les buts à la mi-temps suite à une blessure, par le... défenseur Philippe Jeannol, car à cette époque deux remplaçants seulement étaient alignés sur la feuille de match. Le gardien de but de fortune n’a jamais oublié cette rencontre : « On m’en parle tous les ans avant le Classique ! C’était très dur : on jouait le hors-jeu, et je me retrouvais souvent seul face aux attaquants. J’ai encaissé deux buts, on en avait pris deux avant la pause, j’ai donc fait aussi bien que Joël Bats et j’aurai donc pu postuler à l’Équipe de France ! »

Lors de cette période, les Rouge et Bleu se contentent de quelques succès prestigieux au Parc des Princes, et d’une seule victoire au Vélodrome alors que le club se bat pour son maintien parmi l’élite. Le 21 mai 1988, un grand Safet Susic sauve le club de la capitale et met fin aux espoirs de titre pour les Marseillais. Un an plus tard, le Paris Saint-Germain perd le titre de champion de France en toute fin de match à Marseille (0-1, le 5 mai 1989) après avoir fait jeu égal avec les stars de l’OM. Malgré un nouveau succès au Parc des Princes (2-1, le 21 avril 1990, buts inscrits par Gaby Calderon et Zlatko Vujovic), la tendance ne se modifie pas en 1991 lors de l’arrivée de Canal+ à la tête du club parisien.

Les Classiques sont alors gâchées par les actes d’anti-jeu et se terminent souvent par un succès étriqué des Marseillais. La descente en D2 (ex-Ligue 2) de 1994 à 1996 met un court terme à la rivalité, les Parisiens remportant alors un prestigieux succès européen pour rejoindre l’OM dans le cœur des Français. Des souvenirs amers pour Antoine Kombouaré : « Je n’ai pas apprécié la rivalité et l’ambiance autour de ces matches au Parc des Princes. Pour moi, le football est un jeu. À cette époque, la rivalité entre les deux équipes lors des Classiques prenait le dessus, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Il y avait une tension extrême. Je préfère que le football soit vécu comme une fête plus que comme un combat. »

Le 8 novembre 1997 laisse un goût amer aux supporters parisiens, avec un succès marseillais au Parc des Princes (1-2) et un sentiment de révolte suite au penalty accordé à Fabrizio Ravanelli pour une faute imaginaire d’Éric Rabésandrana. Le Paris Saint-Germain va se venger la saison suivante en renversant Marseille en toute fin de match à Paris, grâce à deux buts en toute fin de rencontre signés Marco Simone et Bruno Rodriguez. Les Rouge et Bleu ont sauvé leur saison et les points perdus ce 5 mai 1999 seront décisifs dans la course au titre, remporté finalement par Bordeaux devant Marseille. Un souvenir inoubliable pour Marco Simone : « On a connu l’un de nos seuls moments heureux de la saison. On a fait un super match, et en plus j’ai marqué ! Cela n’a pas sauvé notre saison, mais on a donné de l’émotion et du plaisir à notre public qui en avait bien besoin. »

Classique, acte 100 (1/4) : 1971 à 1985