« Un recruteur du Paris Saint-Germain m'a repéré lorsque j'évoluais avec les U11 du club de Biscarosse, ville où mon père avait été muté en tant que militaire de profession. Cet observateur lui a laissé une carte de visite, c'est ainsi que le premier contact s'est noué. Par la suite, je suis allé faire quelques tests au Camp des Loges qui se sont avérés positifs. J'ai signé un contrat ANS (Accord de Non-Sollicitation) d'une durée de trois ans qui m'assurait d'intégrer le club à partir des U16, en même temps que ma classe de seconde au lycée. En attendant, j'ai suivi ma préformation au Pôle Espoir de Talence, tout en jouant pour Mérignac en parallèle. Plusieurs clubs pros comme Monaco, Rennes et Bordeaux m'ont également sollicité mais j'ai choisi Paris car c'est la capitale, une grande équipe, avec des grands joueurs. Ça fait rêver n'importe quel jeune footballeur ! »
« Je me suis retrouvé dans une sacrée génération de joueurs nés en 2005 comme moi, avec les Housni, Lemina, Etonde, Mukelenge, Lopes, Doucouré, Diarra... que des grands noms à mes yeux ! Mon intégration s'est plutôt bien déroulée. La première année, j'étais logé au Centre de Formation avec pour collègue de chambre Emerick Lopes. Les deux années suivantes, je suis resté habiter chez mes parents à Versailles car il fallait libérer des places pour les promotions 2006 et 2007. Je faisais les trajets quotidiens en taxi avec Etienne Michut, ce qui ne nous empêchait pas de participer à la bonne ambiance au sein du groupe. »
« J'ai adoré vivre en communauté au Centre de Formation. Nous parlions de tout et de rien entre les cours ou en fin de journée, sans compter les parties de rigolade ! Il est impossible pour moi d'oublier cette expérience. Elle restera à jamais gravée dans ma mémoire. J'ai vécu un truc de fou, hors du commun, qui m'a forgé en tant qu'homme. Sur le plan sportif, j'espérais mieux bien évidemment, mais évoluer plusieurs années dans ce club mythique fut déjà une réelle chance. J'ai eu la possibilité de m'entraîner avec le groupe professionnel, notamment le trio fantastique Mbappé, Neymar et Messi. Étant timide de nature, là c'était puissance mille ! Mais je dois bien avouer qu'ils étaient tous très bienveillants envers les Titis. »
« Si nous devions tous nous retrouver autour d'une bonne tablée, la majorité citerait sûrement le tournoi disputé en Sardaigne. C'était tout simplement exceptionnel à vivre comme expérience. L'ambiance était super entre nous, ce qui nous avait permis de jouer avec un sentiment de liberté. Nous avions réalisé un beau parcours, malheureusement stoppé en demi-finale. L'hôtel était classe et les terrains de très bonne qualité. J'avais eu le sentiment de vivre chaque instant à fond. »
« Je n'étais pas assez accrocheur comme mon coéquipier Kamil Bensoula qui avait la grinta, la hargne. Au moindre duel, je valsais ! Ma taille a beaucoup joué dans mon évolution au sein du club. J'étais le plus petit de l'effectif ! Je dois avouer que je n'étais pas assez persévérant, notamment sur le plan du travail. Mon caractère a toujours été basé sur le plaisir de jouer et non sur le fait de se faire mal pour obtenir les choses. Encore aujourd'hui, j'ai ce tempérament. Avec du recul, je me suis aperçu que seul le talent ne suffit pas. Il faut toujours travailler en plus car il est très compliqué d'atteindre le plus haut niveau. Lionel Messi a énormément de talent, mais je peux vous assurer qu'il travaille beaucoup en dehors ! »
« Au PSG, j'ai surtout amélioré ma vision du jeu et ma technique. Mes coaches Stéphane Moreau et Zoumana Camara m'ont sensibilisé sur le fait de voir avant pour anticiper le prochain mouvement, ce qui est très important en tant que milieu offensif. J'ai eu le droit à de nombreuses séances vidéo. Nous avions également des GPS qui nous empêchaient de tricher. Le staff pouvait scruter nos moindres faits et gestes, mais surtout notre courbe de progression. Le club était clairement en avance à cette époque sur le plan de la technologie. Je pense que cela a grandement contribué aux bons résultats des jeunes ces dernières années. »
« Je n'ai pas pris mon départ comme un échec, bien au contraire. Cette expérience m'a forgé un caractère à toute épreuve. Il m'a fallu redoubler d'efforts pour rebondir, mais j'ai très vite compris que je n'étais pas forcément fait pour le très haut niveau. À l'heure actuelle, je me suis rabattu sur le football plaisir en niveau Régional. Peut-être qu'un jour j'atteindrai la Ligue 2 ou la Ligue 3 ? Le football est fait pour divertir les gens, mais aussi pour se faire plaisir soi-même. Je ne suis pas du genre à chercher la gagne à tout prix, ce qui m'a forcément porté préjudice. »
« Alors que j'étais à l’académie pour ma première année et que plusieurs salariés étaient confrontés au chômage partiel en raison de la crise sanitaire, j'ai exprimé auprès de ma famille et du club mon désir de faire un don de cinq mois de salaire. Finalement, mon geste fut destiné aux enfants malades via la Fondation du PSG. Je suis allé échanger avec des enfants dans une école située à côté du Parc de Princes. J'ai aussi participé à des évènements en compagnie de grands athlètes. Cette action a fait le buzz, mais ce n'était pas du tout le but recherché. C'était juste une question d'humanité à mes yeux. »
« Bien que n'étant plus au club, je continue de suivre les résultats des différentes équipes. J'ai observé avec une grande attention la fabuleuse saison du Centre de Formation. Chapeau les Titis ! Quant aux pros, j'ai toujours aimé cette équipe, il en sera ainsi toute ma vie. La voir remporter la Champions League une seconde année consécutive m'a donc rempli de joie ! »
« Si je dois en citer un plus qu'un autre, c'est Noha Lemina. Il m'impressionnait sur le plan athlétique car il était puissant, vif et rapide. Il me faisait penser à Adama Traoré, l'ancien Barcelonais. Il a marqué beaucoup de buts et réaliser un nombre incalculable de passes décisives. Un top player ! En dehors du terrain, je le considère comme un frère pour moi car il est d'une extrême gentillesse. Sur le plan sportif, j'aurais pu aussi nommer Ayman Kari qui avait la plus grande marge de progression selon moi. J'avais d'ailleurs voté pour lui dans le cadre de l'élection du Titi d'Or 2021 qu'il a obtenu. »
« J'ai signé cet été au Biscarosse Olympique Football, où évolue mon grand frère. Étant donné qu'il va repartir prochainement en Nouvelle-Calédonie d'où nous sommes originaires, je souhaitais jouer au moins une fois dans ma vie avec lui. L'équipe évolue en Régional 2 avec l'ambition de décrocher la montée. Sur le plan scolaire, j'espère obtenir le BTS NDRC (Négociation et Digitalisation de la Relation Client), équivalent d'un BAC +2. On verra bien où tout cela me mène. Footballeur ? Kinésithérapeute ? Tant que je prends du plaisir, ça me va ! »
PROFIL :
Date de naissance : 5 juin 2005
Lieu de naissance : Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
Poste : milieu de terrain
Clubs successifs : Biscarosse Olympique Football (2010 à 2017), FC Martignas-Illac (2017 à 2018), SA Mérignac (2018 à 2020), Pôle Espoir Football de Talence (2018 à 2020), Paris Saint-Germain (2020 à 2023), FC Versailles 78 (2023 à 2024), FC Biganos (2024 à 2026), Biscarosse Olympique Football (depuis juillet 2026)