À l'aube de sa troisième saison sous les couleurs du Paris Saint-Germain, avec un contrat prolongé en juin jusqu'en 2030, Yahia Omar dresse le bilan de ses premières années dans la capitale. « Ma première saison, c'était dur. J'ai eu besoin d'une période d'adaptation, car le championnat hongrois est très différent du championnat français. Ici, tu joues des matchs de très haut niveau toute l'année. Cette saison, j’étais bien dans ma tête et dans mon corps. Nous avons fait une grande saison en championnat en terminant invaincus. »
Son exercice d'adaptation (tout de même couronné d'un titre de champion de France et de 131 buts en Daikin StarLigue) digéré, notre international égyptien a changé de dimension. Plus tranchant, plus complet, Yahia s'est donné les moyens de briller au plus haut niveau. « Le handball a un peu changé, le jeu est plus rapide, demande plus de vitesse et de légèreté. Je peux faire beaucoup de choses différentes, mais je dois toujours apprendre et m’améliorer. Cette saison, j’étais quasiment le buteur de l’équipe avec Elohim (Prandi, ndlr), j’ai donc dû travailler ma finition car c’est ce que mon groupe attendait de moi. »
Un nouveau rôle, mais surtout « plus de responsabilités », qui se traduisent sur le terrain. L'arrière droit est ainsi le meilleur buteur du club de la capitale en championnat, avec pas moins de 162 réalisations en 2025-2026, tout en trouvant le chemin des filets 96 fois en EHF Champions League. Le tout, sans jamais oublier le collectif.
Dans un des moments les plus importants de la saison, Yahia a fait honneur à cette maxime en se montrant décisif. « Mon meilleur souvenir de la saison, je pense que c’est le match contre Nantes à l’AccorArena (28e journée de StarLigue, 34-31). Nous avions besoin de la victoire pour gagner le titre de champion de France, chez nous, devant un public magnifique. Je me souviens de mon dernier tir, à ce moment-là j’ai compris que le match était terminé. C’était un moment spécial pour moi, car j’ai senti l’émotion et la fierté du public envers nous. » Sept buts, quatre passes décisives au compteur, et un titre bien mérité au bout d'un combat d'une incroyable intensité.
Au terme d'un exercice où il aura également remporté la Coupe d'Afrique des Nations avec l'Egypte pour la quatrième fois consécutive, Yahia Omar n'est pourtant pas totalement rassasié. L'arrière du club de la capitale affiche ses ambitions pour la saison à venir. « Nous voulons montrer plus en Ligue des Champions. » Malgré ses neuf buts au match retour, il n'avait pas pu empêcher l'élimination des siens en barrages contre Veszprém, son ancien club.
Cette saison, l'objectif est clair : se battre sur tous les tableaux. « J’espère que nous allons pouvoir remporter les trois titres nationaux, mais aussi performer en Ligue des Champions, car je sais que cette équipe peut battre tout le monde. Chaque année, nous construisons une meilleure équipe que l’année d’avant. Je suis content des recrues et de ce qu’elles vont apporter au club. »
Parmi ces recrues, Yahia a pu retrouver deux de ses anciens coéquipiers en Hongrie, Rodrigo Corrales et Bjarki Elisson, qui ont déjà brillé lors de la tournée de préparation au Japon. « C'est une superbe nouvelle ! Ce ne sont pas seulement d'excellents joueurs, mais aussi de bonnes personnes. » Fort de son expérience européenne, le trio reconstitué espère offrir au club de la capitale un surplus de talent et de maturité.
« Notre groupe est assez jeune, très talentueux, mais nous avons parfois manqué de cette expérience européenne ces dernières saisons. » Avec une nouvelle formule à découvrir, le Paris Saint-Germain devra se défaire d'Aalborg, de Zagreb et de Celje pour accéder au tour principal de l'EHF Champions League version 2026-2027. Avant le premier match le 9 septembre face aux Danois, Yahia en est persuadé, « l'équipe sera plus forte cette saison. »
Une chose est sûre, les Parisiens pourront une nouvelle fois compter sur leur public. « Je suis très fier d'être ici, et d'avoir des supporters qui sont toujours derrière nous, même dans les moments difficiles. Cette année, ça va être différent, et nous allons encore avoir besoin d’eux pour donner le meilleur de nous-mêmes. Je suis sûr que tous ensemble, nous pouvons faire des choses extraordinaires. »