Les Rouge et Bleu vont affronter le Paris Football Club, qui a participé à la création du Paris Saint-Germain Football Club en 1970. Retour sur les débuts des deux clubs, il y a plus de 50 ans…
1969. Aucun club parisien, à l'exception du Red-Star basé à Saint-Ouen, ne joue parmi l'élite du championnat. Pire, depuis la disparition du Racing en 1966, le football professionnel à Paris a totalement disparu. En février 1969, avec les encouragements de la Fédération Française de Football, Guy Crescent (PDG du groupe de transport Calberson) et Pierre-Etienne Guyot (ancien Président du Racing) dirigent un comité d'étude pour la création d'une grande équipe de football à Paris. Il faut trouver un locataire au nouveau Parc des Princes, en reconstruction sous l'autorité de l'architecte Jean Tallibert. Avec le soutien de la presse sportive et au terme d'une consultation populaire (66.000 personnes soutiennent cet ambitieux projet), l'Association "Paris Football Club" est déclarée à la Préfecture de Police de Paris le 1er août 1969, avec dépôts des statuts au Journal Officiel le 14 août 1969.
Le P.F.C, sans joueurs, sans stade, sans équipement, se voit refuser tout accès direct en D 1 et se trouve dans l'obligation de fusionner avec le Stade Sangermanois, qui vient d'accéder au championnat National (ex D 2). Le nouveau club aura pour nom "Paris Saint-Germain Football Club".
Le 10 juin 1970, un protocole pour la fusion est établi puis le 17 juin, l'accord est officialisé.
Le 25 octobre, l'Assemblée Générale du Club, en présence de 90% des délégués de sections, adopte les statuts définitifs du PSG, officiellement créé le 27 août 1970, jour de la publication du journal officiel. Saint-Germain apportera ses infrastructures, son centre d’entraînement du Camp des Loges et ses joueurs amateurs (Guignedoux, Prost, Choquier).
La première saison s’achève sur un succès retentissant : un titre de Champion du National et une accession en première division.
Le Paris Saint-Germain s'apprête à vivre une saison de transition : les travaux du Parc des Princes ont pris du retard et s'achèveront au mois de mai 1972. La ville de Paris, qui avait conditionné une subvention annuelle à la montée en D1, fait son entrée au conseil d'administration du club. Le 5 juillet 1971, les élus de la capitale confirment par courrier une aide financière, mais soumettent une condition surprenante : la modification du nom du club et un retour à l'appellation d'origine, "Paris-Football-Club".
Deux mois plus tard, la ville de Paris accepte d'accorder une subvention annuelle de 850.000 francs pour les trois prochaines années mais le ton change : les élus de la capitale exigent ce changement de nom ! Le Conseil de Paris, ratifie de justesse cette subvention (46 voix pour, 44 contre).
La crise éclate officiellement entre Parisiens et Sangermanois. Guy Crescent, déçu par les différents problèmes internes, abandonne la présidence à Henri Patrelle. L'affrontement entre les partisans d'un maintien du nom PSG et ceux qui militent pour le retour à l'appellation PFC est inévitable. Les deux municipalités, issues de deux familles politiques différentes, refusent alors tout compromis.
Le 16 mai 1972, les différents protagonistes du club se sont donné rendez-vous à l'hôtel Méridien pour assister à l'Assemblée Générale Ordinaire du Paris Saint-Germain qui, selon les statuts, est à même d'accepter la proposition de la ville de Paris. Après plusieurs heures de discussions, chaque camp campe sur ses positions. Les associés sont alors consultés et se prononcent sur la question suivante : "Acceptez-vous la subvention pour 1971 et 1972 en provenance de la ville de Paris, avec les conditions qui l'assortissent ?" Un premier vote donne un léger avantage aux partisans du "oui". A cet instant précis, le PSG n'existe plus…
Quelques minutes plus tard, ce premier résultat est annulé, le décompte des voix est inexact. Un nouveau dépouillement donne le résultat suivant : 1191 inscrits, 939 votes exprimés. 623 associés acceptent les conditions de la ville de Paris, 316 restent fidèles au Paris Saint-Germain. Pour modifier les statuts du club, une majorité des 2/3 est requise. Il manque donc trois voix et dans ces conditions, la proposition est rejetée. Les deux camps se quittent sur ce nouveau constat d'échec.
Le Paris Saint-Germain demeure, mais sans l'aide de la municipalité parisienne et l'obligation de rembourser le premier versement voté par le Conseil de la Ville de Paris. Le déficit d’exploitation, pour la saison en cours, s’élève à une centaine de millions d’anciens francs. La subvention 1972 aurait permis d’équilibrer les comptes. Sans subvention, le Paris Saint-Germain risque fort d’être acculé à la dissolution de sa section professionnelle.
Si la séparation est inévitable, mieux vaut la séparation que la dissolution. Le 25 mai, le conseil d’administration du Paris-S.G adopte à une forte majorité (14 voix contre 5) les propositions soumises par son comité directeur : changement du sigle du club pour sa section professionnelle en Paris F.C, désignation d’une commission restreinte pour étudier les modalités d’une séparation définitive entre les deux clubs.
A compter du 1er juin 1972, une page est tournée, Paris F.C fusionne avec le CA Montreuil, qui deviendra sa pépinière en équipe amateurs.
Le Paris Football Club dépose au Journal Officiel des nouveaux statuts le 15 juin 1972 sous la dénomination "Association Nouvelle Paris Football Club" puis cinq jours plus tard, 95% des associés acceptent cette fusion.
A cette date, le "Paris Football-Club", sous cette dénomination, n'est plus une association mais un club de football professionnel.
Le Paris Saint-Germain, pour sa part, garde son titre et ses couleurs, ses 500 joueurs amateurs (catégorie jeunes et féminine) et revient à son berceau, Saint-Germain. Le club, qui reste dirigé par Henri Patrelle, va être contraint de rebâtir une équipe avec des joueurs amateurs, puisque les meilleurs sont devenus pros.
Un an plus tard, Daniel Hechter reprend le club et en 1974, le Paris Saint-Germain retrouve la première division. Ironie du sort, le Paris Football Club est pour sa part relégué.
L’histoire est en marche pour les Rouge et Bleu, désormais sur le toit de l’Europe depuis le soir du 31 mai 2025 !