Romane Dicko : « Je dois mettre le feu »

Étincelante pour son retour à la compétition en début d’année 2020 suite à deux saisons compliquées par les blessures, Romane Dicko a su prendre son mal en patience en attendant la reprise du circuit international. En espérant que son instinct de compétitrice fasse le travail aujourd’hui aux championnats d’Europe de Prague.

Cette fois, ça y est, c’est enfin l’heure de combattre à nouveau pour toi. Comment s’est passée l’attente des derniers jours ?
D’ordinaire, vu que ma catégorie (+78kg, NDLR) n’entre en piste que le dernier jour, je n’arrive pas en même temps que le reste de la sélection. Cette fois, du fait du protocole sanitaire mis en place autour de ces championnats, je suis à l’hôtel depuis notre arrivée lundi. C’est plus long que d’habitude, mais je n’oublie pas ma chance de pouvoir être là. Les amateurs n’ont pas cette chance, d’autres sportifs de haut niveau non plus. J’ai pris de quoi m’occuper de toute façon, de la lecture, des cours à réviser… J’avais d’ailleurs un partiel à d’arithmétique jeudi (rires) !

Comment te sens-tu depuis ta victoire au Grand Chelem de Paris en février dernier ?
Je suis plutôt en forme, la reprise fut progressive après ce premier confinement passé en famille. Je sais que l’on a bien bossé à l’entraînement et, même s’il y a forcément un peu de crainte quant au manque de repères après une si longue période sans confrontation, je me dis que l’attente est la même pour tout le monde et que mon instinct de compétitrice va revenir naturellement.

As-tu pu travailler spécifiquement sur tes adversaires, étant donné que le tirage au sort est tombé mercredi soir ?
Bien sûr, j’y ai jeté un œil mais, le plus important, c’est que je sois là, moi ! Je suis concentrée sur mon parcours, comme à Tel-Aviv et à Paris où je devais marquer des points pour remonter dans le classement olympique. Là, je veux une nouvelle fois montrer que je suis la patronne.

Romane Dicko (février 2020) 2

Comme en 2018, pour tes premiers championnats d’Europe en Israël, où tu avais cassé la baraque à seulement dix-huit ans…
En en discutant récemment avec ma mère, je n’arrivais pas à croire que ça ne faisait seulement que deux ans et demi que j’avais gagné là-bas. J’ai vécu tellement de choses depuis, entre les blessures, les opérations, les rééducations, les contre-performances… C’est loin pour moi Tel-Aviv, mais c’est proche en fait ! Et j’en garde de magnifiques souvenirs, avec mon père en larmes qui me porte, ma mère avec son drapeau… J’étais jeune, les filles en face avaient toutes plus de vécu, plus d’expérience que moi, j’arrive comme un cheveu sur la soupe, et je gagne ! Aujourd’hui, je sais que je suis attendue, les filles travaillent sur mon profil et sont plus dures sur les mains quand je les affronte.

Qu’importe, tu es invincible en championnats d’Europe depuis les catégories de jeunes. Quel est ton secret ?
C’est vrai que je n’ai jamais perdu en championnats d’Europe, que ce soit en cadettes (doublé individuel et par équipes en 2016), juniors (doublé individuel et par équipes en 2017) ou seniors (victoire en 2018). Peut-être parce que l’ambiance est plus intimiste, plus cool… Mais à la différence des autres fois, il ne s’agit plus de mes premiers championnats, et ça va donc être différent dans l’approche mentale. Il y a deux ans, même si je voulais tout rafler, ce n’était pas grave si je perdais.

Quelle va être la clé pour aller au bout de cette journée ?
Il faut que je sois déterminée du début à la fin, avec cette rage et cette faim dont j’ai pu faire preuve à l’AccorHotels Arena en février par exemple. Je dois mettre le feu à toutes mes adversaires, être la première en action sur chaque séquence pour ne rien leur laisser. Je veux retrouver ça aujourd’hui, c’est mon judo et il me va bien comme ça. »

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