Mélanie Vieu : « Le PSG a des ambitions… moi aussi ! »

Arrivée au PSG Judo à l’été 2018, Mélanie Vieu, évoluant dans la catégorie des -48kg, a vu la crise du Covid-19 stopper une belle dynamique marquée par une médaille d’argent aux championnats de France seniors première division fin 2019. En cette période très singulière, celle-ci revient sur ses premiers mois au club, ses ambitions et la façon dont elle a vécu le confinement.

Tu as signé au club il y a bientôt deux ans. Quel bilan tires-tu de cette nouvelle étape ?
Spontanément, je peux dire que je ne suis pas du tout déçue d’avoir signé au PSG ! En effet, j’y ai trouvé tout ce que j’espérais, et même plus. Venant d’un club des Deux-Sèvres, acceptée à l’INSEP, j’avais besoin d’une structure pour me suivre sur Paris. Avec le suivi au quotidien de Nicolas (Mossion, responsable du haut niveau au club, NDLR), c’est parfait !
Il y a aussi le fait que le PSG a des ambitions, individuelles et collectives, et ne s’en cache pas. Cela tombe bien car c’est mon cas aussi. Du coup, cela me donne encore plus envie et ça a renforcé mon esprit combatif. Enfin, j’aime beaucoup l’état d’esprit qui règne dans le groupe. Le titre masculin par équipes juniors fin 2018 est un événement qui m’a marqué. On a tous fêté ça ensemble après. Et j’adore aussi les stages organisés avant les grands championnats. Cela nous permet de tous nous retrouver, dans un autre cadre que l’INSEP, pour des activités sportives qui nous sortent de notre quotidien. J’adore ces moments. Et puis il y a bien sûr ma médaille d’argent en novembre dernier à Amiens.

Mélanie Vieu (novembre 2019) (3)

Peux-tu revenir sur cette performance ?
Quand j’y pense, cette médaille s’est construite dès mon arrivée au club. En 2018, lorsque je signe au PSG, je sortais d’une saison juniors qui s’était un peu finie en queue de poisson, à la fois au niveau sportif (non-sélection pour les championnats du monde juniors alors qu’elle avait fini septième aux championnats d’Europe, NDLR) et sur le plan physique : je cumulais un œdème au poignet, une entorse au pouce et une déchirure au tendon, le tout à la main gauche !
Nicolas s’est montré compréhensif et nous avons acté que ma première année en seniors ne serait pas focalisée sur des résultats ou des sélections, mais sur une année de progression et de reprise de confiance. Une stratégie qui a payé avec cette finale aux championnats de France il y a six mois.
Au début de l’année 2019, après deux mois de repos pour soigner correctement mon poignet, Nicolas m’avait donné comme axe de travail de travailler sur ma combativité. Parce que, jusque-là, j’avais tendance à toujours rester dans ma zone de confort. Techniquement, j’ai beaucoup travaillé sur l’avant-droite. Il faut le reconnaître, je ne tournais pas assez le dos. Et on a insisté sur les liaisons debout-sol.
Lorsque la saison actuelle commence et bien… ce n’est pas bon du tout (rires). En effet, je fais deux compétitions où je perds de manière identique : étranglée ! Mais cela ne m’inquiète pas plus que cela. Car j’ai commencé à travailler mentalement avec un préparateur. L’idée ? Être centrée sur le moment à 100 % alors que je suis une fille qui a tendance à beaucoup cogiter avant et pendant les compétitions. De ce samedi presque parfait, je retiens surtout ma détermination. En quart de finale, je gagne un combat très dur contre l’Orléanaise Marine Lhenry, au golden score (photo ci-dessus). En sortant du tapis, je me dis que je peux aller au bout ! En finale, je perds par excès d’adrénaline contre Marine Gilly, une fille que je connais depuis toute petite puisque nous sommes originaires du même département. Mais cela reste une compétition de référence pour moi car j’avais réuni presque tous les ingrédients pour réaliser une journée pleine.

Mélanie Vieu (novembre 2019) (2)

Une médaille qui lançait idéalement ta saison. Et puis arrive la crise liée au Covid-19…
Oui. Je gagne deux tournois nationaux derrière : Wasquehal début décembre et Tergnier fin janvier. Début février, je termine troisième à Arlon, un tournoi international en Belgique où je ne perds que contre une combattante japonaise. J’étais donc sur une bonne dynamique. Je devais aussi participer à un open européen fin février, mais j’ai dû déclarer forfait pour une blessure au poignet. Derrière, il y a le confinement… Depuis mi-mars, je m’impose une vraie rigueur de travail, en faisant des exercices sept jours sur sept. Cela va de trente minutes quand je travaille le « cardio » à une heure trente quand il s’agit de renforcement musculaire. Je reçois des programmes de préparation physique de la part du club et de l’INSEP, et je fais mes exercices plutôt le matin afin d’être en forme pour le reste de la journée. Je m’essaie aussi à la méditation.
Côté cours, j’ai des visioconférences régulières dans le cadre du DESJEPS Judo/Jujitsu que je prépare et, au niveau du club, tout est fait pour garder le contact entre nous et nous apporter un cadre pour tenir le cap. Nous devons par exemple donner notre poids à chaque fin de semaine !
Concernant la reprise, pour être honnête, c’est très flou, mais, quoi qu’il en soit, et même si ce n’est pas encore une priorité vu la situation actuelle, je suis assez pressée de reprendre car je n’ai jamais arrêté aussi longtemps de faire du judo !