Les Parisiens ratent le coche à l’Accor Arena

Malgré sept engagés dans cette sélection rajeunie de l’équipe de France pour ce Grand Chelem de Paris, le PSG Judo n’a pas réussi à s’inviter au palmarès pour le cinquantième anniversaire du tournoi parisien.

Avec un plateau sportif plus clairsemé qu’à l’accoutumée du fait de la reprise progressive des olympiens du monde entier, l’occasion était belle pour la jeune garde tricolore de marquer des points devant le public français.

Mélanie Vieu (octobre 2021)

Première en lice samedi pour le clan parisien, Mélanie Vieu (-48kg, ci-dessus) prenait d’abord le meilleur sur une jeune Mongole, avant de coincer sur la Serbe Nikolic, médaillée comme elle au Grand Prix de Zagreb en septembre dernier et représentante de son pays aux Jeux cet été. Ça se passait mieux du côté de Faiza Mokdar (-57kg, en couverture), qui débutait parfaitement son troisième Grand Chelem de Paris, prenant sa revanche de la finale des championnats d’Europe contre l’Israélienne Kerem Primo sur un joli sode-tsuri-komi-goshi (technique de hanche en soulevant la manche) pour ippon avant de dominer d’un waza-ari la Géorgienne Eteri Liparteliani, sixième mondiale et cinquième à Tokyo en juillet dernier. De quoi l’envoyer en demi-finale, où elle faisait face à la triple championne du monde juniors japonaise Haruka Funakubo. Devant aux pénalités à l’entame de la dernière minute, la récente médaillée continentale et mondiale juniors se faisait surprendre sur un grand fauchage intérieur, suivie d’une immobilisation de laquelle elle ne parvenait pas à se libérer.

Martha Fawaz (octobre 2021)

Reversée en petite finale pour le bronze, elle retrouvait alors la Belge Mina Libeer, qui avait auparavant contré en repêchages Martha Fawaz, l’autre Parisienne de la catégorie qui avait remporté avec la manière son premier combat de la journée (ci-dessus). Une ancienne médaillée mondiale juniors que Mokdar contrôlait bien durant les quatre minutes réglementaires, se retrouvant même à une pénalité belge de la victoire à l’entame du golden score. Malheureusement, elle se désunissait au fil des séquences et, sur la même technique que la Japonaise, voyait filer le podium après plus de six minutes trente de duel. « Je suis tombée deux fois sur l’arrière sur ce tournoi, c’est vraiment un point faible que je dois corriger à l’avenir si je veux décrocher des médailles à ce niveau, face à des filles qui ne font rien au hasard et qui ne te laissent aucune opportunité », souligne la jeune combattante Rouge et Bleu, dominée comme Fawaz par deux des quatre médaillées du jour dans cette catégorie.

Arnaud Aregba (octobre 2021)
Le lendemain, les quatre engagés du club de la capitale allaient tous également chuter face à des adversaires qui s’invitaient derrière sur le podium, Arnaud Aregba (-81kg, ci-dessus) s’inclinant notamment sur le futur vainqueur japonais Takeshi Sasaki.

Alpha Djalo (octobre 2021)

C’était davantage frustrant en ce qui concerne Alpha Djalo (ci-dessus) dans cette même catégorie, puisqu’il s’inclinait en huitième de finale après plus de six minutes – non sans avoir eu de multiples ouvertures pour s’imposer – face au Mongol Bolor-Ochir Gereltuya, opportuniste pour surpasser une attaque manquée du Parisien. « C’est dur car, sur l’action, je suis sûr de moi et je rate finalement sa jambe, analyse le numéro 1 français de la catégorie. J’essaie de mettre tous les ingrédients qu’il faut pour remporter ce genre de rencontres, je m’appuie sur la force que me donne le public pour enchaîner dans différentes directions, mais ça ne paie pas… »

Habi Magassa (octobre 2021)

Rageant également pour Habi Magassa (-78kg, ci-dessus), trop vite immobilisée au sol pour pouvoir démontrer quelque chose, et pour Khamzat Saparbaev (-100kg, ci-dessous) qui avait fait le plus dur contre le Géorgien Onise Saneblidze en ouvrant son compteur à une grosse minute du gong mais qui cédait derrière sur un mouvement d’épaule.

Khamzat Saparbaev (octobre 2021) 1

« Dans l’ensemble, je peux regretter un manque de caractère pour mes combattants ce week-end, déplorait Nicolas Mossion, responsable du haut niveau. C’était une véritable chance de pouvoir disputer ce tournoi plus ouvert que d’habitude, et il fallait vraiment profiter de cet événement. Il y avait de la place pour faire bien mieux pour certains, quand d’autres ont pu voir l’écart à combler pour prétendre au plus haut niveau seniors. À l’heure du bilan, c’est donc logiquement de la déception qui prime, et il va falloir repartir au travail pour proposer un judo plus structuré et cohérent sur les prochaines échéances. »