Khamzat Saparbaev : « Un gros avantage pour moi »

Sélectionné avec l’équipe de France juniors pour disputer les championnats d’Europe qui débutent ce jeudi au Luxembourg, le -100kg Rouge et Bleu a vécu les Jeux olympiques de Tokyo de l’intérieur cet été, présent notamment aux côtés de son illustre aîné parisien Teddy Riner. Une expérience sur laquelle il compte rapidement capitaliser.

Comment t’es-tu retrouvé partenaire olympique ?
Il y a quelques mois, les entraîneurs nationaux ont annoncé qu’ils cherchaient des sparring pour préparer au mieux l’équipe de France en vue des Jeux. J’ai dit oui tout de suite car je sentais que ça pouvait être une belle aventure à vivre. Ça a commencé en avril avec deux semaines de stage auprès de Teddy en Guadeloupe, puis tous les rassemblements nationaux avant le départ au Japon le 15 juillet. Pendant douze jours, je suis resté au camp de base d’Himeji avec Teddy. Avant de rallier Tokyo où les Jeux avaient déjà commencé. Au final, j’ai servi de partenaire d’échauffement sur les trois derniers jours de compétition, tout en enchaînant les entraînements au Kodokan. Découvrir ce lieu mythique pour le judo à l’occasion des Jeux, je ne pouvais pas rêver mieux.

Qu’as-tu appris au contact de Teddy et de l’équipe de France sur toute cette période ?
En observant de près les uns et les autres, j’ai été marqué par leur capacité à se concentrer au bon moment. Avant la finale du tournoi par équipes mixtes entre le Japon et la France, tout le monde était relâché de notre côté, ça dansait et ça écoutait de la musique, tandis que les Japonais étaient visiblement tendus vers l’objectif d’aller chercher l’or. Pourtant, les Français savaient pertinemment qu’ils pouvaient l’emporter, et ils ont su ne pas se crisper à l’approche de cet affrontement incroyable en émotions des tribunes.  Avec Teddy, c’était pareil, il n’était pas trop obsédé par sa journée de compétition les jours précédents, et ce n’est que le matin même, au départ de la navette pour le dojo, qu’il a basculé dans son tournoi. À l’échauffement, je sentais les regards sur lui, mais il était alors complètement focalisé sur ce qu’il avait à faire pour être prêt pour son premier combat. J’ai aussi vu comment il s’est vite remotivé après sa défaite en quarts, au-delà de toute la déception qui était la sienne à ce moment-là. Sa réaction est également une bonne leçon à retenir.

 

Khamzat Saparbaev (juillet 2021)Le temps de l'échauffement, Khamzat Saparbaev s'est retrouvé sur le tatami des Jeux, au centre du Nippon Budokan. © Paco Lozano / L'Esprit du Judo

 

As-tu vécu cette immersion olympique comme un privilège du haut de tes vingt ans ?
C’est sûr que le fait d’avoir vécu ça me donne un gros avantage sur les autres compétiteurs de mon âge. J’ai vu comment était organisée la plus grande des compétitions, et surtout comment les meilleurs s’y préparaient. Moi qui avais déjà dans un coin de la tête les Jeux de Paris 2024, ma motivation n’en a été que renforcée. Je connais désormais les ingrédients que je dois réunir pour percer au plus haut niveau et espérer vivre ça dans la peau d’un titulaire la prochaine fois.