Charles Talar, la mort d’un dinosaure

Le Paris Saint-Germain a perdu l’une de ses figures historiques avec la disparition de Charles Talar, dans la nuit de jeudi à vendredi.

C’est à Lisbonne, sur les terres de son grand ami Artur Jorge, que Charles Talar aura quitté ce monde. Après avoir vu le jour en 1941, à Sousse, en Tunisie, Charles Talar quittera sa terre natale pour Paris, où il deviendra l’une des plus grandes personnalités du monde du spectacle. Producteur de certains des plus grands artistes de la scène française et internationale de la fin du XXe siècle, de Stone et Charden à Johnny Halliday, en passant par Claude François, Serge Lama, Mike Brant ou encore Francis Cabrel, il participera également à la production de grandes comédies musicales, dont la célèbre « Notre-Dame de Paris ».

C’est aussi dans cette période que Charles Talar nouera son histoire d’amour avec le Paris Saint-Germain. Proche de Daniel Hechter, il accompagne le créateur de mode, avec Francis Borelli, Bernard Brochand et Jean-Paul Belmondo, dans le projet de reprise d’un PSG à deux doigts de disparaître, au printemps 1973. Surnommé « le gang des chemises roses », ce groupe de passionnés va redonner vie au PSG, qui retrouvera la Première Division, en 1974, avec Just Fontaine sur le banc.

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« Nous étions tous des fanas de foot, racontait Charles Talar, il y a une dizaine d’années. Au cours de mes voyages aux Etats-Unis, j’avais mesuré la force du sport professionnel et j’étais certain que celui qui monterait un club pro important à Paris serait gagnant. Il y avait notamment ce Parc des Princes, qui n’attendait que nous… »

Très engagé autour de Daniel Hechter, il restera également très proche de celui qui lui succèdera à la présidence à partir de janvier 1978, un certain Francis Borelli, né dans la même ville que lui. Ensemble, ils vont partager la joie des premiers trophées du club – les Coupes de France 1982 et 1983, le Championnat de 1986 – et les innombrables discussions qui enflamment les comités directeurs du club organisés au domicile de Francis Borelli. « Charles était l’un de ceux qui mettait l’ambiance, se souvient avec émotion Alain Cayzac, l’ancien président du PSG. Il était un grand passionné, un homme très drôle, généreux et très professionnel. Surtout, de tous les dirigeants du club que j’ai connus, il était l’un de ceux qui connaissait le mieux le football. Il a participé à plusieurs opérations de recrutement, que ce soit sous Francis Borelli ou à l’époque de Canal+, notamment pour faire venir Artur Jorge et Ricardo en 1991. »

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Tout au long de l’ère Canal+ (1991-2006), Charles Talar demeurera une figure à la fois discrète et incontournable de ces « dirigeants historiques », qui comptaient parmi eux Alain Cayzac, Bernard Brochand, ainsi que son frère Simon Tahar, qui occupera la présidence du PSG en 2008. Ces dernières années, retiré des affaires du foot et du spectacle, laissant son fils Nicolas poursuivre son œuvre de producteur, Charles Talar était parti vivre à Miami. « C’est un dinosaure qui disparaît », souligne Alain Cayzac à l’heure d’évoquer cet « ami très fidèle ». Un dinosaure qui aura permis à son club de cœur de survivre et de connaître ensuite le grand destin qu’on lui connaît.

À sa femme Danielle, à son frère Simon, à toute la famille et aux proches de Charles Talar, la communauté du Paris Saint-Germain transmet toutes ses pensées d’amitié et de réconfort. Le Club n’oubliera jamais le rôle essentiel joué par Charles pour lui permettre de trouver un nouveau souffle et de devenir ensuite une place forte du football français et européen.