Alec Georgen : « J'ai réalisé un rêve »

Interviews

Comme chaque semaine, PSG.FR retrouve un ancien joueur passé par le Centre de Formation du Paris Saint-Germain. Formé au Paris Saint-Germain, et aujourd'hui à Auxerre, Alec Georgen revient sur son actualité et se souvient de ses années parisiennes.

Alec, tu as rejoint le PSG en 2011 par l’intermédiaire de la Paris Saint-Germain Academy. Etait-ce un véritable tremplin pour rejoindre le club ?

« Depuis mon plus jeune âge, je suis un grand passionné de football. Lors des vacances scolaires, je voulais participer à des stages car les compétitions étaient stoppées. C’est ainsi que j’ai rejoint le site de la Paris Saint-Germain Academy basé à Marcoussis. Il s’agissait des tous premiers stages organisés par cette école de football. Imaginez un petit enfant d’une dizaine d’année qui enfile tous les matins la tenue de son club de cœur pour jouer au football toute une journée… J’avais des étoiles plein les yeux ! J’essayais d’être performant tous les jours en étant convaincu que les entraîneurs me recruteraient. Nous étions allés admirer l’équipe professionnelle au centre d’entraînement de Saint-Germain-en-Laye. Je me suis inscrit à d’autres stages, en compagnie de mon coéquipier Lorenzo Callegari (ndlr : qui évolue désormais à Chambly en National) également originaire de Clamart. Les recruteurs du Paris Saint-Germain furent intéressés par nos profils. C’est ainsi qu’a démarré mon histoire avec le Paris Saint-Germain. Dorénavant, le club a implanté des Académies dans le monde entier. J’espère que d’autres enfants auront la possibilité de réaliser leur rêve. »

Quels souvenirs gardes-tu de tes années passées au centre de préformation ?

« Que du positif ! J’étais fan du Paris Saint-Germain, c’était donc un rêve que je réalisais. La première année, j’étais externe avec cette possibilité de rentrer chez mes parents après la séance d’entraînement quotidienne. La saison suivante, j’ai intégré durablement le centre ce qui m’a permis de grandir en tant que personne. Les premières semaines n’étaient pas évidentes à vivre par rapport à l’éloignement de mes proches, mais très vite nous avons su construire une vraie vie de groupe avec les Titis de la promotion nés comme moi en 1998. Sur le plan scolaire, nous étions obligés de porter une grande attention sur nos devoirs. Les maîtres d’internat nous aidaient lors des études le soir. Avec l’absence de consoles de jeux, nous n’avions pas de tentations à portée de main. Nous étions sensibilisés sur l’importance de bien travailler à l’école. Sur le plan sportif, nous avions remporté le Tournoi Sans Frontière U14 à Sens. Il s’agissait de notre toute première compétition avec le club. C’était impressionnant pour nous tous qui venions de petits clubs car nous avions joué contre de grandes équipes. Une équipe est née ce jour-là ! »

La suite s’est déroulée au centre de Formation. Ta vision du football a-t-elle changé durant cette période ?

« C’est en entrant au centre de Formation que j’ai vraiment compris que je pouvais vivre du football, en faire un véritable métier. De la signature de mon premier contrat professionnel, en passant par mes sélections en équipe de France et par les entraînements avec le groupe professionnel, j’ai pris conscience de mes réelles possibilités. J’ai également compris que l’hygiène de vie avait son importance pour être performant sur le terrain. L’aspect mental est primordial aussi, car on se rend compte que le football devient de plus en plus individualiste lorsqu’on s’approche du groupe professionnel. Sportivement, ce fut une grande réussite car nous avons atteint les phases finales chaque année en U17 et en U19. Nous avons remporté le titre de champion de France U19 en 2016. La même année, nous sommes allés en finale de l’UEFA Youth League. Cette compétition nous a vraiment fait progresser à une allure incroyable. Nous avons découvert d’autres cultures footballistiques. C’est un vrai accélérateur de progression car les exigences sont élevées. C’est une très bonne préparation pour basculer vers les pros. »

La toute première convocation à l’entraînement des professionnels doit être terriblement impressionnante pour un jeune du club ?

« J’étais en cours et un entraîneur est venu me chercher pour me dire d’aller enfiler mes chaussures de football ! Forcément, on passe par tous les sentiments. Il y a de la pression, de l’excitation, une certaine montée d’adrénaline. J’y suis allé avec une bonne énergie pour donner le meilleur de moi-même. Une fois dans le vestiaire, j’ai salué des joueurs que je voyais habituellement à la télévision. Je m’étais fait tout petit, en arrivant sur la pointe des pieds ! Sur le terrain, j’ai pris conscience de la marge de travail qui me restait à effectuer. C’était du très haut niveau, mais j’ai joué ma carte à fond pour ne rien regretter. A l’issue de la séance, j’ai appelé mes parents et mes proches pour leur faire part de ce moment magique. C’est en y retournant à plusieurs reprises que j’ai vraiment réalisé ce qui m’arrivait. »

Le 24 janvier 2017, tu as disputé ton unique rencontre avec l’équipe professionnelle du Paris Saint-Germain. C’était lors du succès acquis face à Bordeaux (4-1) en coupe de la Ligue. Assurément un grand souvenir ?

« Ce n’était pas un aboutissement, mais incontestablement une grande étape de franchie. La cerise sur le gâteau qui venait dans la continuité de mes deux premiers contrats professionnels. Ces quelques minutes venaient couronner mon passage au club. Je n’en garde que des souvenirs extraordinaires. Depuis tout petit, mon rêve était de porter au plus haut niveau le maillot du Paris Saint-Germain, le club de mon cœur. Je n’oublierai jamais ce moment ! »

Quels conseils peux-tu adresser aux Titis actuels pour faciliter leur intégration au sein du groupe professionnel ?

« Tout d’abord, signer un contrat professionnel n’offre aucune garantie. On n’est jamais sûr de rien. Il faut donc rester humble quand l’occasion d’intégrer le groupe professionnel se présente. Pour s’imposer, il faut être confiant en ses qualités. Tout est une question de mental. Il faut savoir gérer ses émotions, qu’elles soient positives ou négatives. Des joueurs talentueux, il y en a énormément. La différence se fait dans la tête. Il faut s’imposer une exigence de travail au quotidien que cela soit sur comme en dehors du terrain, pour espérer durer dans le temps au plus haut niveau. »

Comment se passe ton actualité avec l’AJ Auxerre ?

« Ma première saison à l’AJ Auxerre fut celle de l’adaptation (ndlr : 3 matches), car la charge de travail orchestrée par le staff de Jean-Marc Furlan est conséquente. J’ai traîné une blessure durant six mois. Je n’ai pas pu beaucoup jouer à mon retour sur les terrains car l’équipe en place était performante. Cette saison, cela se passe beaucoup mieux. J’ai su trouver ma place dans la vie de groupe et j’ai enchaîné quelques titularisations (ndlr : 9 matches). Il règne une excellente entente dans l’équipe, on espère décrocher une montée en Ligue 1. Le championnat de Ligue 2 est très équilibré. Je me sens très bien à Auxerre, les structures du club sont très propices à mon épanouissement. J’ai gagné en maturité et j’espère gravir les échelons pour atteindre le plus haut niveau, en toute humilité. »

PROFIL

Date de naissance : 17 septembre 1998
Lieu de naissance : Clamart (Hauts-de-Seine)
Poste : Défenseur latéral droit
Clubs successifs : CSM Clamart (2004 à 2011) Paris Saint-Germain (2011 à 2019) AZ Alkmaar (Prêt, en 2018) US Avranches (2019 à 2020) AJ Auxerre (depuis 2020)

Palmarès avec les jeunes du Paris Saint-Germain : champion de France U19 (2016) finaliste de l’UEFA Youth League (2016)

Sélections en équipe de France : 4 (U16) – 14 (U17) – 7 + 1 but (U18) – 7 (U19)

Palmarès en équipe de France : Champion d’Europe U17 (2015)