Pierre Ducrocq : «L'impression que le PSG existe depuis toujours»

Joueur du Paris Saint-Germain de 1994 à 2002, Pierre Ducrocq, véritable titi, revient avec émotion sur ses années Rouge et Bleu, sa formation au sein du club de la capitale et ces rencontres qui enrichissent une carrière et une vie, lors d'un entretien réalisé pour les 50 ans du club.

Pierre, vous rejoignez le Paris Saint-Germain à 12 ans. Aviez-vous déjà l'espoir de devenir pro ici à Paris ?
«J'en avais l'envie, oui. Même si au quotidien on pense surtout à s'amuser avec ses amis. Mais c'est forcément dans un coin de la tête, surtout quand tu changes de dimension. Je passais de l'AS Saint-Ouen L'Aumône à l'INF Clairefontaine et en même temps au Paris Saint-Germain. C'est le début du rêve, alors on y pense.»

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Le 29 janvier 1995, débuts en pro face à Lyon en Coupe de la Ligue à 18 ans. Quel souvenirs gardez-vous de ce match ?
«Je n'en ai pas beaucoup de souvenir honnêtement. Si ce n'est le sentiment d'un premier aboutissement. Et puis quand on fait le premier match, on a rapidement envie de faire le deuxième. Et tout bascule très vite. C'est surtout le Parc des Princes qui me reste en mémoire, c'est un rêve d'enfant qui se réalise. C'est aussi beaucoup de pression, mais positive. J'étais entouré de joueurs incroyables, Antoine Kombouaré, Alain Roche, Paul Le Guen, Vincent Guérin, Bernard Lama, George Weah, David Ginola, Valdo... j'en oublie sans doute. J'avais des étoiles plein les yeux.»

Comment avez-vous vécu la victoire en Coupe d'Europe en 1996, avec vos yeux de Titi ?
«Cette année là, je suis prêté à Laval, en Ligue 2. Donc je n'étais pas dans le groupe. Mais je vis ça comme comme un joueur issu du club. Je suis prêté à Laval, je fais 35 matches là-bas. Tout se passe bien avec Denis Troch, d'ailleurs, quelqu'un qui connaît par coeur le PSG aussi. Et dans mon esprit, je suis à fond derrière Paris. Je n'ai qu'une envie, c'est que mon club devienne champion d'Europe.»

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Vous revenez au club en 1997, vous jouez et entrez notamment contre Marseille, au Parc des Princes...
«Ce sont de très beaux souvenirs. Il y a cette petite anecdote qui est célèbre, et je peux en parler aujourd'hui parce que je travaille avec Christophe Dugarry, je rentre en jeu et je l'entends parler avec Fabrizio Ravanelli, dire qu'ils veulent faire péter les plombs au petit jeune... Rapidement ils me rentrent dedans, je me relève et je ne suis pas loin effectivement de craquer ! Les Classiques, c'était toujours des matches particuliers. On échange des mots... c'est l'histoire de ces matches. En plus je retrouve Fabrizio Ravanelli trois ans plus tard à Derby County. Je découvre quelqu'un de totalement différent, sous un autre angle en tout cas, que l'adversaire d'un soir de PSG-OM. Mais cette photo est devenue assez symbolique, et on m'en parle encore beaucoup.»

1997-1998 est une belle saison, avec les deux coupes nationales remportées notamment...
«On a tous l'impression cette année là, on va aller au bout dans les deux coupes et c'est ce qui s'est passé. Ricardo et Joël Bats sont les entraîneurs, nous sommes un vraie bande de potes, qui prend du plaisir à jouer ensemble, et nous sommes une vraie équipe de coupe. C'est difficile à expliquer, mais c'est un état d'esprit qui naît au fil des matches. Les deux finales sont de beaux matches, face à deux belles équipes, Bordeaux en Coupe de la Ligue et Lens en Coupe de France. CE sont de beaux souvenirs pour nous les joueurs, parce que nous n'avons jamais douté.»

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Le Paris Saint-Germain va fêter ses 50 ans cette saison. C'est quelque chose de fort, et pour vous aussi qui êtes un enfant du club ?
«C'est très touchant. On peut penser que 50 ans c'est peu, mais on a l'impression que le PSG existe depuis toujours. Il s'est passé tellement de choses en 50 ans, il y a tellement de choses à raconter... j'ai presque 50 ans moi-même, je vais fêter cela avec le club. Je suis heureux et fier de faire partie de cette histoire.»