« C'est en participant au concours d'entrée de l'INF Clairefontaine que j'ai été repéré en tant qu'attaquant par le recruteur du Paris Saint-Germain, Jean-Pierre Dogliani. J'ai intégré le Centre de Préformation de l'INF lors de la rentrée scolaire en 1996, tout en rejoignant en parallèle le Paris Saint-Germain, avec qui je jouais chaque week-end. Une sensation incroyable du haut de mes treize ans ! Mon père et moi-même étions abonnés depuis plusieurs saisons en Tribune Paris au Parc des Princes. Imaginez notre joie lorsque j'ai enfilé le maillot rouge et bleu pour la première fois... J'avais été accueilli par le responsable technique Jean-François Laurent, ainsi que mon nouvel entraîneur Sébastien Thierry. Deux autres Titis, Jean-Michel Badiane et Jérôme Chamant, faisaient tout comme moi les allers-retours entre les deux structures. »
« J'ai joué pour Paris lors de mes deux premières saisons à l'INF Clairefontaine (U13 et U14), puis j'ai porté les couleurs de l'Institut en U15 Nationaux, lors de ma troisième et dernière année. On m'avait replacé en tant que défenseur latéral droit, car Jérémie Aliadière était titulaire indiscutable à la pointe de l'attaque. J'ai de nouveau joué pour le PSG avec qui j'ai signé un contrat aspirant à mon entrée au Centre de Formation, en 1999. J'ai évolué sous la coupe de Rachid Khendek en U17 Nationaux. Malheureusement, cette saison ne s'est pas déroulée comme je l'aurais souhaité, ce qui m'a poussé à résilier mon contrat à mi-saison. J'avais pourtant du temps de jeu, mais j'ai eu du mal à adhérer au discours de mon entraîneur, peut-être par manque de maturité. Je suis parti faire des essais en Angleterre durant plusieurs mois, en vain. Sur le plan collectif, nous possédions une équipe très talentueuse avec des joueurs qui ont réalisé de belles carrières par la suite comme Jean-Michel Badiane, Mounir Obbadi, Jean-Martial Kipré ou Maxime Baca. Il m'avait été très facile de me fondre dans ce groupe car nous parlions le même football. »
« Deux tournois m'ont profondément marqué, à savoir ceux de Montaigu et de Carisport, lors de la préparation de la saison en U17. Il s'agissait des deux plus grosses compétitions pour les équipes de jeunes dans les années 1990. Je me souviens également qu'il y avait une haute intensité lors de nos séances d'entraînement tout au long de l'année. Nous avions l'impression d'appartenir à une sélection tellement le niveau était relevé ! Nous remportions généralement nos matches par des scores fleuves. Toutes les équipes du Centre de Formation trustaient déjà les premières places de leur championnat respectif. Plusieurs jeunes évoluaient régulièrement en Équipe de France, comme Gaël Hiroux et Selim Benachour. Il y avait un joueur très fort techniquement à chaque poste, à l'image de Bartholomew Ogbeche (promotion 1984) qui m'a vraiment impressionné sur le front de l'attaque alors qu'il venait d'arriver au club. J'ai pris énormément de plaisir à jouer en compagnie de tous mes coéquipiers. »
« Depuis l'âge de treize ans, j'ai été éduqué par l'exigence, le devoir de performance. J'ai toujours baigné dans la concurrence, la compétitivité et la remise en question permanente. C'est le milieu du football qui m'a fait grandir. Encore aujourd'hui, j'ai toujours cette étiquette du joueur passé par le PSG. C'est toujours flatteur lorsqu'un article dans un journal évoque mon passé parisien. C'est significatif car ça prouve que j'ai eu la chance de vivre une telle expérience, un apprentissage d'exception. C'est une forme d'aboutissement qui m'a procuré des sensations incroyables ! »
« Les années passent, mais ma fidélité envers le club est intacte. Quelle délivrance lorsque l'équipe professionnelle a remporté la Champions League ! Après toutes ces années de combats... Cette victoire a permis au PSG d'entrer dans la cour des grands clubs du monde. Ce succès a mis tout le monde d'accord ! Il n'y aura plus ce manque désormais. L'objectif est de pérenniser ce genre d'exploit et faire en sorte que Paris soit la référence ultime. Gagner doit devenir une habitude. Cette soirée restera à jamais gravée dans ma mémoire. Il m'a fallu quelques jours pour réaliser que ce rêve était devenu réalité. Merci, Paris ! »
« Il est très compliqué de comparer les époques, mais je tiens à féliciter les jeunes qui ont su faire leur place au sein de l'effectif du PSG. On parle du club champion d'Europe ! Ils ont également la chance d'avoir un entraîneur comme Luis Enrique qui s'appuie énormément sur le Centre de Formation. L'outil de travail du Campus PSG vient aussi accélérer leur apprentissage dès leur arrivée au club. Tous ces paramètres font que les Titis d'aujourd'hui ont davantage de passerelles que par le passé. La cellule de recrutement réalise également un bon travail, dans une région où la concurrence est très forte. La principale différence avec ma période passée au club est qu'aujourd'hui, les jeunes sentent que s'ils le méritent, une opportunité se présentera à eux. À eux de mordre à fond dans leur formation pour ne pas avoir de regret par la suite ! »
« Je suis devenu entraîneur de football, une suite logique, car lorsque j'étais joueur je montrais déjà de l'intérêt pour le domaine tactique, le suivi statistique mais également la gestion d'un groupe. J'ai toujours analysé avec minutie la préparation de nos matches. Vers l'âge de vingt-cinq ans, j'ai beaucoup étudié sur le sujet, tout en participant à divers stages. Je me suis renseigné sur tous les paramètres qui gravitent autour de cette profession. Je savais que j'étais fait pour endosser ce rôle. »
« La génération actuelle est à la fois dure et facile à encadrer. Un coach qui comprend leurs codes, qui les valorisent et qui les considèrent, s'en sortira toujours. Les jeunes sont nés avec l'émergence des réseaux sociaux, ils sont tous hyper connectés. Ils ont besoin de comprendre chaque choix, chaque décision. Ils sont très curieux et se montrent beaucoup moins impressionnés par la hiérarchie. Dans le passé, un vestiaire était réglé comme la société. Les anciens, les nouveaux, les jeunes... Ces derniers auraient beaucoup de mal à exister il y a quinze ou vingt ans en arrière. La gestion humaine a complètement changé car il faut toujours donner des explications sur le pourquoi du comment. Ils doivent cependant comprendre que pour réussir, ils doivent adopter une certaine exigence, un état d'esprit de conquérant et une attitude irréprochable. On n'a pas rien sans rien ! »
« Je n'oublierai jamais la date du 6 juin 2019, le jour où j'ai affronté le PSG de Thomas Tuchel lors des 32es de finale de la Coupe de France (défaite 0-4). J'officiais en tant qu'entraîneur de la GSI Pontivy, club de National 3. En face, il y avait les Neymar, Mbappé, Draxler, Dani Alves, Thiago Silva, Meunier... Un truc de fou ! Avec du recul, je me dis que je n'en ai pas assez profité, sûrement pris par des émotions assez indescriptibles. Du tirage au sort, en passant par la préparation du match, l'échauffement, le match en lui-même, la presse, la télévision, les 15 000 spectateurs présents au Stade du Moustoir de Lorient... rien que d'y penser, j'en ai encore des frissons ! C'est de loin le plus beau souvenir que j'ai vécu dans ma vie de sportif. Je souhaite à tout coach de vivre au moins une fois dans sa carrière ce type d'évènement. Et dire qu'à vingt minutes de la fin, nous n'étions menés que d'un but, et encore, un but inscrit contre notre camp ! Ce match fut plein d'enseignements, j'espère vraiment en revivre d'autres. »
« Je dirige l'équipe première de l'Union Sportive Colomiers Football, actuel leader de son championnat en National 3. J'ai rejoint le club à l'été 2023, après avoir été champion de Régional 1 avec Saint-Paul-lès-Dax. Nous espérons monter à l'échelon supérieur à terme, ce qui ne fut pas loin d'être le cas la saison dernière (2e place). L'essentiel reste de stabiliser le club en National 3, puis de le faire grandir au fur et à mesure. J'espère également continuer ma formation d'entraîneur. Je possède le DES, et mon ambition est d'intégrer la formation du BEPF pour peut-être un jour encadrer une équipe professionnelle. Pour se faire, cela passe par de belles performances avec mon club. Au travail ! »
PROFIL :
Date de naissance : 18 janvier 1983
Lieu de naissance : Clamart (Hauts-de-Seine)
Poste : défenseur
Clubs successifs : ASV Châtenay-Malabry (1992 à 1993), FC Plessis-Robinson (1993 à 1995), AC Boulogne-Billancourt (1995 à 1996), Paris Saint-Germain (1996 à 2000), INF Clairefontaine (1996 à 1999), CS Sedan Ardennes (2000 à 2003), GSI Pontivy (2003 à 2004), FC Baulmes (2004 à 2005), FC Rouen 1899 (2005 à 2007), Villemomble SF (2007 à 2008), Quevilly Rouen Métropole (2008 à 2009), Bergerac PFC (2009 à 2011), Fontenay VF (2011 à 2012), Séné FC (2012 à 2016)