Une frappe puissante de Bruno Ngotty a suffi à libérer le peuple rouge et bleu… À Bruxelles, Paris a marqué, dominé, tremblé en fin de rencontre pour remporter la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Un succès historique qui permet aux Parisiens d’entrer dans le cercle très fermé des grands d’Europe. Après avoir sorti les Italiens de Parme et les Espagnols de La Corogne, le Paris Saint-Germain est le favori logique de cette finale. Après trois demi-finales consécutives, c’est l’heure de la consécration !
Mais Paris vient de perdre tout espoir de remporter un titre de champion qui lui était longtemps promis. Traumatisés par ces échecs successifs, les joueurs se sont murés dans le silence et sont partis à Hendaye au Pays basque, pour un stage commando en présence de l’ex-star de tennis, Yannick Noah. Paris n’a plus le choix, Luis Fernandez a la totalité de son groupe à disposition et aligne son équipe type, avec Loko et Djorkaeff aux avant-postes.
15 000 supporters parisiens ont fait le court déplacement vers la Belgique, la rencontre est équilibrée dans les premières minutes malgré une première tentative de Ngotty sans danger pour Konsel (3e). Quelques minutes plus tard, Raí, sévèrement taclé par Schöttel, doit quitter la pelouse (12e). Julio Cesar Dely Valdes le remplace. Malgré ce contretemps, Paris accélère : Djorkaeff tente un lob sur une balle piquée (17e) puis récidive sur une frappe détournée au-dessus de la transversale par Konsel (20e).
Pour une faute sur Djorkaeff, Paris bénéficie d’un coup franc à plus de trente mètres. Ngotty, le tire, et ouvre le score (29e). Le PSG domine, Bravo croise trop sa tête sur un corner de Djorkaeff (38e), puis Loko s’échappe et sert Dely Valdes qui se fait contrer in extremis (41e). Lama réussit son premier arrêt sur une frappe de Ströger (44e) : Paris mène logiquement au score lorsque l’arbitre siffle la mi-temps.
Djorkaeff poursuit son festival après la pause, il rentre dans la surface mais frappe de peu à côté (48e). Le Paris Saint-Germain domine, Djorkaeff profite d’un appel croisé de Loko pour frapper au but, sa tentative est repoussée par le poteau (58e). Dely Valdes rate une nouvelle occasion de la tête sur un centre parfait de Loko (61e) et les Autrichiens se montrent alors menaçants. Lama détourne une tête à bout portant d’Heraf (64e) puis repousse des deux poings une nouvelle tentative de l’attaquant du Rapid (73e).
Le PSG, prudent, reste dangereux sur contre-attaque. Loko croise trop sa frappe (74e), puis Guérin, seul face au gardien Koncel, manque le K.-O. (87e). Le Rapid joue son va-tout pour égaliser, Lama intervient dans les pieds de Jancker (90e) et s’envole pour détourner une tête de Barisic (90e). Loko inscrit un but refusé logiquement pour hors-jeu (90e) et l’arbitre libère Paris.
Lama reçoit le trophée tant espéré et Fernandez cache mal son émotion : « C’est le match le plus facile que j’ai vécu sur un banc de touche cette saison. Je suis, intérieurement, fier d’être le premier entraîneur français à remporter une Coupe d’Europe. » Le lendemain du sacre, c’est la fête à Paris. Après une courte nuit, les joueurs du Paris Saint-Germain sont reçus à l’Hôtel de Ville par le maire de Paris, Jean Tiberi. Plusieurs joueurs se sont teint les cheveux en vert et rouge pour fêter cet événement…
Dans l’après-midi, les Parisiens sont invités à l’Élysée par le président de la République, Jacques Chirac. Après ces réunions officielles, direction les Champs-Élysées où 50 000 supporters attendent les héros avant de faire la fête sur la pelouse du Parc des Princes dans la soirée.
Paris est magique !
Finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe
Mercredi 8 mai 1996, à Bruxelles.
37 500 spectateurs.
Arbitre : M. Pairetto (Italie).
But : Ngotty (28e) pour le Paris Saint-Germain.
Avertissements : Fournier (55e), Ngotty (71e) pour le Paris Saint-Germain ; Jancker (34e), Schöttel (37e), Hatz (54e), Heraf (65e), Stöger (84e) pour le Rapid Vienne.
PARIS : Lama (cap.) – Roche, Ngotty, Le Guen – Fournier (Llacer 77e), Bravo, Raí (Dely Valdes 12e), Guérin, Colleter – Loko, Y. Djorkaeff. Entraîneur : L. Fernandez.
RAPID VIENNE : Konsel (cap.) – Schöttel, Ivanov, Hatz, Heraf – Kühbauer, Stöger, Guggi, Marasek – Stumpf (Barisic 46e), Jancker. Entraîneur : E. Dokup