À l’occasion de la première compétition internationale de 2026 disputée à domicile ce week-end, plusieurs combattants du PSG Judo feront leur retour sur les tatamis avec l’équipe de France. Avant ce rendez-vous majeur, Baptiste Leroy, entraîneur principal du club, revient sur les enjeux de la saison, les objectifs collectifs et individuels, ainsi que la place de cette année charnière dans la construction du projet sportif vers les Jeux de Los Angeles.
Quels sont les grands objectifs du PSG Judo pour la saison 2026 ?
L’objectif principal est de placer le plus grand nombre possible d’athlètes du PSG Judo en équipe de France. Le championnat de France individuel première division a constitué une première étape importante, avec 8 médailles dont 4 titres. Cela nous permet aujourd’hui de compter dix sélectionnés pour le Grand Slam de Paris. Nous serons le club le plus représenté.
Par ailleurs, les enjeux de cette saison sont triples. D’un côté, les cadres déjà installés en équipe de France A comme Romane Dicko, Marie-Ève Gahié, Joan-Benjamin Gaba ou encore Walide Khyar devront confirmer leur statut de leaders dans leur catégorie. D’autres, bien positionnés, doivent réussir à s’imposer comme numéro 1 de leur catégorie. Et enfin, les plus jeunes doivent cette année franchir un cap et se rapprocher de ce niveau, afin d’intégrer progressivement le groupe A bousculer la hiérarchie.
Quelles compétitions seront déterminantes cette saison ?
La fin d’année 2025 a été dense pour le club, entre la Champions League remportée en novembre dernier, le championnat de France individuel mi-décembre et la participation de nos athlètes à plusieurs Grands Slam. Avec le tournoi de Paris, la saison internationale individuelle redémarre. Sur le plan individuel, la première grande échéance visée par le groupe sélectionné au Paris Grand Slam reste les championnats d’Europe, programmés au mois d’avril, avant les championnats du monde prévus cette année bien plus tard dans le calendrier puisqu’ils se dérouleront fin octobre.
Sur le plan collectif, les championnats de France par équipes masculins et féminins seront d’une importance capitale. Nous avons l’ambition de conserver notre titre chez les féminines et de le récupérer chez les masculins. Quant à la Champions League, elle demeure comme chaque année l’objectif majeur du club, même si son échéance est encore lointaine.
Maintenant, il est important d’être dans l’instant présent. Le moment clé arrive pour nous dès ce week-end. Le Paris Grand Slam constitue un rendez-vous très important, car il permet de confirmer ou gagner sa place en équipe de France. Cette première compétition joue un rôle déterminant dans la dynamique de début de saison. Un podium à Paris, voire une victoire, ouvre très souvent la porte aux championnats d’Europe. Une performance solide permet également de se rapprocher des athlètes français déjà installés devant dans la hiérarchie. Le mois de février sera donc central, avec deux compétitions majeures : le Paris Grand Slam, puis le Grand Slam de Tachkent deux semaines plus tard. À l’issue de cette première phase, la Fédération effectuera ses premières sélections. La dynamique créée à ce moment-là conditionnera en grande partie la suite de la saison.
Quelle place représente cette année dans la perspective des Jeux de Los Angeles ?
Même si les Jeux peuvent sembler encore lointains, cette saison marque une étape fondatrice. Plus les athlètes s’installent sur les podiums des Grands Slam, des Grands Prix ou des championnats majeurs tôt, plus ils deviennent des profils identifiés pour la course olympique, qui débutera officiellement au mois de juin. Cette période qualificative s’étendra sur deux ans, avec l’objectif d’intégrer le top 17 mondial afin de décrocher une sélection olympique. Pour cela, il faut d’ores et déjà être capable d’être retenu sur les Grands Slam, où la concurrence française est très forte.
À Paris, quatre Français peuvent être engagés par catégorie, contre seulement deux sur les autres Grands Slam. Cela implique d’évoluer régulièrement parmi les trois ou quatre meilleurs Français pour être sélectionné, que ce soit par la Fédération ou via le club. Cette saison permettra donc d’établir une première hiérarchie solide, indispensable pour la suite de la préparation olympique.
Quel regard portez-vous sur les jeunes du club qui émergent progressivement ?
Les jeunes athlètes du groupe ne sont souvent pas très éloignés du top 4 français de leur catégorie. S’ils restent encore loin des deux premières places, le top 4 reste accessible. L’exemple d’Emma Feuillet-Nguimgo est parlant : tout juste sortie des cadettes, elle occupe déjà le statut de première remplaçante pour le Paris Grand Slam. Pour ces profils, l’objectif est d’utiliser pleinement le circuit junior, notamment les championnats d’Europe et du monde, afin d’accumuler de l’expérience internationale. Ce parcours parallèle doit leur permettre d’intégrer le plus rapidement possible l’équipe de France seniors. Chez les féminines notamment, des trajectoires précoces sont possibles. Le club a déjà connu ce type de parcours avec Romane Dicko ou Marie-Ève Gahié, qui ont su s’imposer chez les seniors alors qu’elles évoluaient encore chez les juniors. Nous voulons donc permettre à ces jeunes d’atteindre, à court terme, le niveau des meilleures Françaises seniors, tout en continuant à se construire sur le circuit junior.
Avec le Paris Grand Slam comme point de départ, la saison 2026 s’annonce déterminante pour le PSG Judo. Entre confirmation des leaders, émergence des jeunes talents et premières lignes tracées vers Los Angeles, le club aborde cette nouvelle année avec une vision claire, collective et ambitieuse.