Alec Georgen : « La Youth League représentait notre Ligue des Champions à nous les jeunes. Lors des matches à l'extérieur, nous nous déplacions en même temps que l'équipe professionnelle. Après avoir disputé notre rencontre dans la journée, nous allions assister au match des pros le soir même. Nous sentions comme une pression supplémentaire, avec un enjeu supérieur au championnat. Les équipes que nous affrontions avaient toutes un niveau très relevé, à l'image du FC Barcelone, du Real Madrid, d'Arsenal ou bien du Bayern Munich. L'exigence était au maximum dans tous les domaines, que cela soit technique, tactique, dans l'intensité et les duels. Cette compétition nous a tous permis de progresser. Quand nous revenions jouer en championnat U19 Nationaux, nous avions l'impression que c'était plus « facile » qu'auparavant. »
Yakou Meïté : « Ce sont des souvenirs qui restent gravés. J'ai participé à plusieurs éditions de cette compétition avec plusieurs générations. J'ai pris part au beau parcours de la saison 2015-2016 avec les générations 97 et 98. Je faisais partie des trois joueurs « jokers » nés en 96 qui avaient le droit d'être utilisé. J'étais là un peu comme un grand-frère. Nous sommes allés jusqu'en finale, c'est une performance qui marque forcément. C'était notre Ligue des Champions, toutefois moins médiatisée qu'aujourd'hui car il ne s'agissait que de la 3e édition. Ça reste des bons moments, surtout quand on jouait au Camp des Loges. Il y avait du monde pour venir nous voir en semaine. »
Alec Georgen: « Notre finale disputée contre Chelsea fut à la fois un moment magique pour l'engouement qu'elle a suscité mais également une grande déception car nous n'avons pas remporté le trophée. Dix ans après, cela reste un souvenir marquant. Notre entraîneur François Rodrigues nous avait transmis une vraie mentalité de gagnant. C'était sa troisième année consécutive à la tête de notre génération. Nous possédions une équipe pétrie de talent avec des joueurs comme Christopher Nkunku, Jean-Kévin Augustin, Odsonne Edouard, Fodé Ballo-Touré, Yakou Meïté, Rémy Descamps, Antoine Bernède, Jonathan Ikoné... En face, il y avait de grands joueurs en devenir comme Tammy Abraham, Mason Mount, Trevoh Chalobah, Fikayo Tomori, Dujon Sterling, Kasey Palmer... Après avoir encaissé un but par Tomori sur corner, nous avons manqué un penalty. Au retour des vestiaires, Yakou Meïté a inscrit un but d'une superbe frappe du pied gauche. A peine avons-nous eu le temps de le célébrer, que les Anglais ont inscrit un second but par Palmer. On a poussé jusqu'à la fin mais en vain. »
Yakou Meïté : « En demi-finale, nous avions éliminé le Real Madrid de Lucas Zidane et Achraf Hakimi. En finale, nous avons affronté une très bonne équipe de Chelsea, composée de nombreux joueurs que j'ai pu affronter par la suite lorsque j'ai joué en Angleterre. Je ne garde que d'excellents souvenirs de cette opposition, dont mon but égalisateur inscrit en seconde période de cet ultime match. Nous avions une génération exceptionnelle, la très grande majorité évolue toujours au plus haut niveau. »
Alec Georgen : « Réussir un beau parcours n'est pas une vérité en soi, ça ne reste qu'une simple étape dans un cursus de formation. Bien évidemment, c'est toujours gratifiant de remporter des titres chez les jeunes. Nous avons remporté le titre de champion de France U19 et atteint la finale de l'UEFA Youth League en 2016. J'ai également été champion d'Europe U17 l'année précédente avec l'équipe de France, et pourtant la suite de ma carrière démontre que ces matchs ne sont pas une fin en soi mais bien des étapes à franchir. Rien n'est jamais acquis. »
Yakou Meïté : « Ça reste un bon tremplin pour les joueurs car cette compétition est très suivie et ne rassemble que des équipes de très grande qualité. J'ai eu la chance de disputer plusieurs éditions de la Youth League, mais également son ancêtre la Nextgen Series. C'était toujours un grand plaisir d'y participer car elle m'a permis d'engranger énormément d'expérience à tout niveau. Le Paris Saint-Germain étant devenu une grande équipe à l'échelle mondiale, il y a forcément une mise en lumière plus importante de ses équipes de jeunes. Les bons résultats de ces dernières années prouvent que le club travaille très bien en matière de Formation. »
Alec Georgen : « On se rend vraiment compte de l'apport de cette compétition que lorsqu'on la dispute. Il a fallu qu'on encaisse de lourdes défaites, par exemple face à l'Ajax Amsterdam (1-6, le 18 septembre 2014), pour monter les exigences et élever notre niveau au quotidien. Découvrir d'autres football et d'autres cultures nous a permis d'engranger énormément d'expérience. Après notre défaite face à Salzburg en Autriche (0-5, le 21 février 2017), nous nous étions énormément inspirés de la façon de jouer de cette équipe, basée sur le pressing et une récupération rapide du ballon. Cette compétition est hyper formatrice sur le plan tactique. »
Alec Georgen : "J'espère que les Titis vont faire mieux que nous ! C'est difficile de leur donner des conseils car ils possèdent déjà toutes les clés. C'est un moment important pour eux, ils doivent donc préparer au mieux ce grand rendez-vous et adopter un esprit de guerrier le jour J. Je suis persuadé qu'ils vont montrer qu'ils sont de gros travailleurs et que le collectif va permettre aux individualités de briller !"
Yakou Meïté : "Dix ans après nous, je suis très content que les petits soient qualifiés pour le Final Four. Je leur souhaite bonne chance. J'espère de tout coeur qu'ils iront au bout. A eux d'écrire leur histoire et celle du Centre de Formation. Impossible n'est pas Titi !"
Le saviez-vous ?
Alec Georgen et Yakou Meïté sont les deux joueurs formés au Paris Saint-Germain qui ont disputé le plus grand nombre de matches en UEFA Youth League. En effet, Alec est apparu à 21 reprises (3 passes décisives), tandis que Yakou détient le record avec 23 rencontres (8 buts, 2 passes décisives).