Teddy Riner bouge déjà les meilleurs

Son retour a été annoncé pour le Grand Prix de Marrakech, au Maroc, le 10 mars prochain. Tout sauf un hasard pour le décuple champion du monde. Pas parce que c’est précisément là qu’il a conquis son dernier titre (en toutes catégories) en novembre 2017, mais surtout parce qu’il se sent prêt. « Aujourd’hui, j’ai de nouveau faim, j’ai envie de combattre. J’ai même la dalle ! Après, je sais que si je combats, c’est que je suis sûr d’être prêt pour ça. Ce tournoi sera ma véritable reprise après un travail foncier important. Je ne me trompe pas d’objectif non plus. Ce sera une première étape, ce que je cherche, ce sont les titres. »

Laurent Calleja, coach personnel de Teddy, précise la dynamique actuelle : « La reprise a vraiment débuté il y a cinq semaines et c’est une période d’entraînement dure pour lui. Il a pris les meilleurs lourds de la planète lors du stage international à Paris la semaine passée et fera la même chose en Allemagne la semaine prochaine. L’information, c’est que ça se passe déjà très bien, qu’il est vraiment très solide, avec une perte de poids de l’ordre de dix kilos qui lui permet d’être bien dans son judo. »

Et l’intéressé de rappeler : « Tout cela n’est pas aussi facile que les gens le croient souvent. J’ai souvent besoin de l’expliquer. Ce que j’ai gagné, c’est derrière. Mon corps vieillit, mes adversaires existent et ils ont envie… Ce serait une erreur de penser que tout cela a été et va être facile. Mon point fort, c’est la mobilité, le déplacement, mais il faut travailler pour ça. La force ne fait pas tout. Je comprends que, vu de l’extérieur, les gens puissent se dire : “de toute façon, il va gagner”, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe au quotidien. Il y a des adversaires plus affûtés que moi en ce moment. Mais je sais que, le jour où nous serons face à face, je ne lâcherai rien. Ce sera forcément, à ce niveau, une question de détermination. Il y a toujours un alpha et un oméga, ce n’est pas possible qu’il y ait deux alpha. Tôt ou tard, le plus fort mentalement prend le dessus. C’est là que le basculement se fait et que tu peux l’emporter. » À dix-neuf jours de sa compétition de reprise, les choses sont claires.