Passionnément. À la folie, en passant par... pas du tout ! Ainsi se sont aimés Jérôme Leroy et le Paris Saint-Germain, entre ses débuts au Centre de Formation en 1987, à l’âge de 13 ans et son vrai départ de la capitale à l’été 2003. Car le fougueux et rageur milieu de terrain parisien a aussi été deux années durant olympien (janvier 2000-janvier 2002), le temps de côtoyer d’autres porteurs des deux maillots : Maurice, Pouget, Weah, N’Gotty et Nouma dans le sens chronologique “nord-sud“, André Luiz et Camara à l’inverse.

Il dût batailler pour reconquérir Paris, où Luis Fernandez le rappela en 2002. Et jubile en se remémorant l’un de ses plus beaux faits d’armes : « En gagnant 3-0 au Vélodrome (le 09/03/2003), nous avons mis fin à 15 ans de disette parisienne là-bas ! » Ce soir-là, il inscrivit un doublé, d’un tir subtil excentré côté droit puis d’une poussette venue ponctuer un “Ronaldinho show“. Un brin nostalgique des Classicos « engagés du passé », il en retire « qu’imprégné des deux cultures, on s’aperçoit que la ferveur est la même des deux côtés ».

« Transmettre de mon ADN »

Mais il garde des yeux de Chimène pour le Paris d’aujourd’hui : « J’ai eu la chance de jouer au sein d’une formidable nouvelle vague (l’ère des Rai et consorts), mais j’aurais aimé être de l’extraordinaire aventure actuelle. » Il loue notamment le rôle clé de Thiago Motta, « métronome dont on ressent à la fois l’élégance et la bonne agressivité ». Et il met en garde : « Les Parisiens sont invaincus et favoris. L’OM, si la mayonnaise prend avec son public, a l’occasion de le reconquérir et de se remettre dans le sens de la marche. Alors, attention... »


Foi de connaisseur, lui qui est aujourd’hui conseiller du Président de Châteauroux après y avoir raccroché les crampons en L2, la saison passée, à plus de 41 ans : « Je regarde l’envers du décor, j’apprends, avec l’opportunité de donner leurs chances à des jeunes (...). J’essaie de leur transmettre de mon ADN, fait d’engagement total et d’envie de toujours tout donner ». C’est avec ce sceau que Jérôme Leroy a marqué l’histoire de Paris, où il n’a pourtant... rien gagné !

En 1995-1996, il n’était pas de la victoire en Coupe des Vainqueurs de Coupe, s’aguerrissant en prêt à Laval. En 1996-1997, il s’inclinait en finale de cette même compétition, contre Barcelone (1-0), et terminait vice-champion de France, derrière Monaco. Le doublé 1998 Coupe de France/de la Ligue ? Blessé ! La finale de la Coupe de France 2003 ? Perdue (2-1) contre Auxerre ! « Selon moi, individuellement parlant, l’envie de défendre le maillot reste davantage gravée qu’un titre dans l’histoire d’un club », conclut Jérôme Leroy. Qui, à ce jeu, a vraiment tout gagné en capitale.

 

JEROME LEROY
Né le 4 novembre 1974 à Béthune
Carrière : Paris (juillet 1995, 1996-décembre 1999,  janvier 2002-2002 prêté par Marseille puis 2002-septembre 2003, 166 matches, 12 buts), Laval (1995-1996 prêté par Paris), Marseille (janvier 2000-janvier 2002), Guingamp (septembre 2003-2004), Lens (2004-décembre 2005), Betar Jérusalem (décembre 2005-2006), Sochaux (2006-2007), Rennes (2007-2011), Evian TG (2011-2012), Istres (2013-2014), Le Havre (2014-janvier 2015), Châteauroux (janvier 2015-2015).
Palmarès : Coupe de France 2007 (Sochaux).